CDEN du 13 novembre 2017 : Déclaration préalable de la FSU

mardi 14 novembre 2017
par  Dominique Chaperon
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Ce CDEN a pour objectif de faire le bilan de la rentrée dans notre département. Avant d’aborder dans le détail la situation scolaire, la FSU souhaite évoquer le contexte social qui caractérise cette rentrée. Imposé sans débat par le biais des ordonnances, le démantèlement du Code de Travail est contesté par une large majorité de la population. Malgré les mobilisations qui se sont succédé depuis début septembre, le gouvernement continue à mener une politique entièrement dédiée à satisfaire l’intérêt des plus riches au détriment de l’immense majorité de la population. Cette politique conduit à réduire encore et toujours plus les moyens de l’État, notamment par la suppression massive de postes d’emploi public dans un contexte de chômage toujours aussi élevé, et à dégrader les conditions de travail et la qualité du service rendu. La mobilisation massive des agents le 10 octobre s’est heurtée au silence assourdissant d’un pouvoir dont il est clair qu’il n’a pour seul objectif que de faire sauter les cadres qui caractérisent notre modèle social. Face à ces lourdes menaces, la FSU, avec ses partenaires syndicaux, appelle à la résistance, à la mobilisation et à la construction d’alternatives.

Sur le plan éducatif, et en ce qui concerne le 1er degré dans un premier temps, les annonces et contre-vérités qui ont été diffusées durant l’été - sur les méthodes de lecture notamment- ont contribué à semer le trouble et confirmé les orientations du nouveau ministre. Ainsi l’égalitarisme serait la cause de tous les maux dont souffrirait l’École. La conception élitiste que cette attaque révèle constitue une orientation nuisible pour l’École et les élèves les plus fragiles. La lutte contre les inégalités scolaires, intrinsèquement liées aux inégalités sociales, devrait être au contraire l’objectif assigné au système éducatif. Rappelons par ailleurs que ces inégalités ne touchent pas que les écoles de REP/REP+, comme le sous-entend la mise en place des CP à 12. La soi-disant liberté revendiquée par M. Blanquer n’est qu’un prétexte pour mettre en œuvre la dérégulation dont tout donne à penser qu’elle sera son cheval de bataille. Les recettes et la nov-langue néo-libérales sont utilisées à l’envi pour servir ce projet : autonomie des établissements, renforcement du pouvoir des chefs d’établissement et mise en œuvre de la casse du statut des enseignant-es, pilotage du système par l’évaluation, salaire au mérite... Tout cela aboutira à la mise en concurrence des établissements, des écoles, des personnels et donc, des élèves. Tels sont les leviers qui sont annoncés. On sait pourtant que là où ils ont été mis en œuvre, outre Atlantique et outre Manche notamment, ils ont contribué à accentuer les inégalités, et à faire baisser la réussite des élèves. La FSU avec la profession, s’opposera à ces mesures et toutes celles allant dans ce sens. Elle revendique une école du « Tous capables » et refuse celle de la concurrence « libre et non faussée », celle du tri social organisé et décuplé sous couvert de méritocratie républicaine.

Nous avons, au moment des mesures d’ajustement de septembre dénoncé le retrait d’enseignant-es une fois la rentrée faite. La mobilisation des parents d’élèves de l’école Jean Macé est significative du refus et de la colère que ces mesures suscitent. Comme nous l’avons déjà développé à de nombreuses reprises, l’École française souffre d’un manque de moyens, ce qu’attestent les comparaisons produites notamment par l’OCDE. L’annonce récente des moyens qui seront attribués l’an prochain nationalement constitue à ce titre une nouvelle source d’inquiétude. Il semble en effet que l’intégralité des créations de postes dans le 1er degré sera absorbé par la mise en œuvre des CP à 12. Outre le fait que de nombreux-ses enseignant-es sont très circonspects-es sur l’intérêt et les effets de cette mesure, il n’est pas acceptable qu’elle phagocyte l’ensemble des moyens. Les moyens alloués doivent correspondre aux besoins identifiés sur le terrain, et se traduire par les créations nécessaires, qu’il s’agisse de postes d’enseignant-es, des RASED, des agents, des AVS. La FSU dénonce à ce propos la suppression des 23 000 contrats aidés qui a renvoyé à la case chômage celles et ceux qui en bénéficiaient. Les missions qu’ils/elles remplissaient correspondent à des besoins pour lesquels des postes statutaires doivent être créés, des recrutements et des formations assurés. Le recours à des services civiques est dans ce cadre difficilement compréhensible alors que ces suppressions ont été justifiées pour des raisons budgétaires d’une part, et dans un objectif de « refus de la précarité » d’autre part. On a du mal à comprendre comment la mise au chômage de 23 000 personnes en situation précaire remplacées par des services civiques constitue une manière de lutter contre la précarité.
Dans le second degré la rentrée a d’abord été marquée par l’abondance des postes non pourvus et par la pénurie grave en moyens de remplacement. De très nombreuses classes se sont retrouvées pour de très longues périodes sans professeur en face d’elles alors que bien souvent les absences étaient facilement anticipables, dans les cas de congés de maternité, par exemple. Aujourd’hui encore des chefs d’établissements en sont réduits à des bricolages indignes, en faisant appel par exemple à Pôle emploi, au Bon coin ou à des bonnes volontés qui ajoutent à une charge de travail déjà trop lourde des heures supplémentaires pour assurer une partie du service du collègue non-remplacé.
Cette situation n’est pas le fruit d’une quelconque malédiction géographique ; elle est le résultat de recrutements insuffisants et la conséquence d’une grave perte d’attractivité de nos métiers corrélé à l’absence de revalorisation salariale.
Pour ce qui est de la responsabilité du Conseil départemental en matière d’éducation, il faut aussi signaler quelques dysfonctionnements sur lesquels nous tentons d’attirer son attention depuis quelques temps déjà. En dépit de nos alertes ledit Conseil poursuit le déploiement du « plan numérique collège » alors que les premières phases ont déjà fait apparaître de sérieux problèmes récemment attestés par un délégué de la Direction Académique du Numérique de Nantes. Les témoignages de nos collègues font aussi état de lenteurs importantes sur les réseaux, de tablettes défectueuses en grand nombre, d’ordinateurs sous dimensionnés dotés d’une mémoire insuffisante. Ils déplorent également l’extrême lenteur d’intervention de l’entreprise SPIE qui a emporté ce marché. Nos collègues regrettent les techniciens départementaux qui faisaient preuve d’une réactivité beaucoup plus grande. Comme quoi, quoiqu’on en dise, le service public a du bon !
Enfin, nous souhaitons évoquer l’annonce parue ce week-end dans un quotidien local à propos de la fermeture probable du collège Ronceray. Pour la FSU, aucune décision ne peut être prise sans que soit mené un travail d’enquête en profondeur, impliquant l’ensemble des partenaires concernés et en particulier les parents et les enseignant-es, de même que devront être envisagées les conséquences sur les écoles relevant de ce collège.


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