CDEN du 13 septembre : déclaration de la FSU

mercredi 14 septembre 2016
par  Dominique Chaperon
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CDEN du 12 septembre - Déclaration de la FSU

Ce CDEN se tient dans des conditions particulières. Il aura fallu en effet que les organisations représentatives des personnels et des parents en fassent la demande, s’appuyant sur règlement pour qu’il ait lieu. Vous n’aviez en effet, Monsieur le Directeur académique pas prévu initialement d’en convoquer avant le mois de novembre. Un CDEN aurait déjà dû se tenir en fin d’année scolaire, à l’issue du CTSD de juin, comme cela se passait jusqu’alors, et comme les représentant-es des personnels et des parents l’avaient demandé, sans être entendu-es. Cette décision de supprimer cette instance de juin n’est d’ailleurs vraisemblablement pas réglementaire, comme ne l’est pas non plus l’envoi d’un courriel aux organisations syndicales ayant un ou plusieurs représentant-es au CDEN en juillet leur demandant de se prononcer sur le montant de l’indemnité versée aux instituteurs/trices au titre du logement. Nous ne saurions penser qu’il s’agit là d’une volonté d’éviter de présenter à la communauté éducative un bilan de carte scolaire qui apparaîtrait en contradiction avec la communication ministérielle. En tout état de cause, le calendrier des CDEN doit être calé sur celui des mesures de carte scolaire, afin de permettre à l’ensemble de la communauté éducative d’être consultée avant que les mesures ne soient définitivement arrêtées. Il s’agit là du minimum nécessaire à un dialogue social tant prôné médiatiquement mais tant battu en brèche dans la réalité, notamment par le gouvernement qui semble ne plus avoir que le recours à l’article 49.3 pour imposer ses décisions.

La rentrée 2016 se fait dans un contexte fortement impacté par les événements tragiques de l’été, et de ceux qui les ont précédés. Indépendamment des polémiques de bas étage que d’aucuns n’ont pas manqué de soulever, notre pays est confronté à un défi énorme, sans doute un des plus difficiles à relever. L’Ecole ne doit pas devenir le lieu de crispation des contradictions d’une société de plus en plus inégalitaire, et la question de la sécurité ne doit pas l’envahir ni masquer les enjeux et les conditions de sa démocratisation, qui peine à se réaliser. Il serait illusoire de penser que c’est en fermant les écoles et établissements à double tour que l’on règlera le problème. La FSU sera vigilante à ce que les consignes données en ce sens respectent la sérénité indispensable à leur bon fonctionnement. C’est en effet principalement par la lutte contre les inégalités qui mettent à mal la devise républicaine « Liberté, Egalité, Fraternité » que l’on pourra faire reculer les menaces qui pèsent désormais sur notre société.

L’amélioration des conditions d’enseignement est un des leviers qui permet d’agir en ce sens. La FSU fait pourtant le constat que les enseignant-es, les parents et les élèves n’auront pas vu concrètement, malgré l’annonce de la refondation de l’Ecole, ces conditions s’améliorer. Ainsi le taux d’encadrement des classes en France reste un des moins bons de l’ensemble des pays de l’ OCDE. En ce qui concerne le second degré, à en croire le discours officiel, la réforme du collège se mettrait partout en place sans aucune anicroche. En réalité, elle soulève au contraire de très nombreux et très graves problèmes. Ils tiennent pour une part au flou artistique nimbant des dispositifs comme les EPI et l’AP que les prétendues formations ne sont pas parvenues à dissiper. Personne ne sait vraiment ce qu’il convient d’y faire ni comment le faire. L’année scolaire décolle dans le brouillard avec des objets pédagogiques non identifiés. Cette totale incertitude génère énormément de stress auquel s’ajoute une augmentation considérable de la charge de travail liée à l’introduction de nouveaux programmes dans toutes les disciplines pour les quatre niveaux. Dans ces conditions, on peut être dubitatif sur les capacités de nos collègues à supporter cette charge de travail.

Mais le malheur des un-es fait le bonheur des autres, en l’occurrence celui de l’enseignement confessionnel privé. Les collèges sarthois perdent 253 élèves, le public en perd 252 et le privé en gagne 1. C’est donc qu’il trouve les arguments propres à convaincre les parents qu’un passage chez lui mettrait à l’abri des effets nocifs de la réforme. Nous l’avions prédit ; les chiffres de rentrée le confirment malheureusement.
En lycée les effectifs par classe explosent littéralement et le seuil des 35 élèves par division est largement dépassé dans bon nombre d’établissements. Il s’agit là aussi d’une conséquence de la réforme. Pour tenter de faire passer la pilule, l’ administration n’a pas retiré cette année de moyens d’enseignement aux collèges alors que les lycées doivent faire face à une hausse des effectifs due à l’arrivée de la génération du baby-boom de l’an 2000. Au final ce sont aussi ici des conditions de travail et d’enseignement dégradées. Si les créations de postes triomphalement annoncées par la Ministre étaient au rendez-vous, les lycées auraient eu les moyens d’absorber la hausse démographique. Or ce n’est pas le cas. Ce qui signifie que les fameux « 60 000 postes » constituent une autre chimère pour ne pas dire un autre colossal mensonge.

En ce qui concerne le 1er degré, la baisse démographique en Sarthe aurait pu être l’occasion de donner aux écoles les moyens de travailler dans de meilleures conditions. La concurrence entre différentes priorités (remplacement, formation continue notamment) vous a amené, Monsieur le Directeur académique, à faire le choix de suppressions massives de classes dans le 1er degré. Si, à la rentrée, le maintien des enseignant-es en cas de fermeture sèche a permis d’éviter la désorganisation dans plusieurs écoles, le retrait de l’enseignant-e dans plusieurs autres, ou la non prise en compte d’effectifs justifiant une ouverture ont provoqué la colère de parents, qui se sont mobilisés pour défendre leur école. Leurs mobilisations, et les interventions d’élu-es vraisemblablement influents vous ont amené dans deux situations à revenir dès le lendemain du CTSD sur les décisions que vous aviez prises, tandis qu’il aura fallu plusieurs jours, et des articles dans la presse, pour que vous acceptiez de recevoir certaines délégations, et sans que votre position change. Ce traitement inéquitable n’est pas justifiable. Toutes les situations méritent d’être traitées avec la même écoute, les arguments examinés avec la même impartialité.

L’injonction rectorale de laisser partir 30 enseignant-es du département dans le cadre d’exeat non compensés pose question, et n’est sans doute pas sans rapport avec cette gestion de la carte scolaire. Mais il est pour le moins contradictoire qu’ensuite vous évoquiez lors du CTSD le recours à des recrutements de contractuels. Pour la FSU, cette solution est inacceptable, et la FSU a adressé au recteur un courrier pour demander l’ouverture d’une liste complémentaire. Par ailleurs, nous avons à de multiples reprises demandé que soit transmise aux représentant-es des personnels la balance des postes qui permettrait de savoir dans quelle situation est notre département, surnombre ou sous effectif. La transmission de cette information est réglementaire, et l’absence de réponse est inquiétante : on peut se demander en effet si la DSDEN de la Sarthe a une idée précise de la situation. Il faudrait en effet que nous sachions si réellement le département est en déficit d’enseignant-es comme vous l’avez dit à certaines délégations. Si tel est le cas, pourquoi avoir accordé plus d’EXEAT que d’INEAT, et pourriez-vous nous expliquer votre choix de retirer, en dehors de toute transparence, aux moyens du 1er degré un enseignant pour l’affecter sur un poste de conseiller sur des questions qui relèvent du second degré ainsi que du maintien d’un demi-poste à la Maison des adolescents ?


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