Déclaration CTP Education 1er degré 31 mars 2008

mardi 8 avril 2008
par  Bernard Lebrun
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La carte scolaire départementale s’inscrit dans un contexte particulier qui voit une grande inquiétude traverser les cours d’école ou les salles des maîtres. Au contexte de réduction des moyens attribués à nos écoles s’ajoutent des craintes sur l’avenir des valeurs et de la conception du métier d’enseignant.

Tout d’abord nous rappellerons notre opposition à des opérations de carte scolaire qui se déroulent après les élections municipales. Déni de démocratie d’un côté, calendrier resserré dont pâtissent les personnels de l’autre, le ministre a oublié qu’il était d’abord là pour servir l’intérêt général.

 
Ce contexte c’est la remise en cause du fonctionnement et des missions de l’école publique :

 
Au nom de la difficulté scolaire et du résultats des élèves français aux évaluations internationales que l’on présente comme catastrophiques le ministre a entrepris de remodeler en profondeur le fonctionnement et les missions de l’école publique.

 Nous réfutons l’utilisation qui est faite des enquêtes internationales. Les chercheurs qui ont élaboré ces évaluations tiennent à préciser qu’en dehors des résultats extrêmes, les différences minimes entre pays doivent être interprétées avec précaution et que les classements n’ont pas de sens. Et que donc la présentation médiatique qui est faite par les pouvoirs politiques relève de l’idéologie et non de la démarche scientifique qui est la leur.

 L’école française comme celle des autres pays industrialisés est confrontée au défi de faire réussir tous les enfants. Comment faire pour que la difficulté sociale ne se transforme pas en difficultés scolaires, c’est ce qu’essaient de relever quotidiennement les enseignants en s’appuyant, malgré un temps de formation de plus en plus réduit,  sur les derniers acquis de la recherche.

 D’un gouvernement qui croit au discours qu’il tient en public, nous serions en droit d’attendre une politique qui place d’abord l’égalité et la justice sociale au premier rang de ses préoccupations. Ensuite, ce serait de s’appuyer sur les travaux de la recherche et du bilan des expériences et pratiques professionnelles pour engager des transformations soutenues par le plus grand nombre.

 En fait nous avons une politique qui fabrique de l’exclusion sociale et qui décide de manière autoritaire dans le plus grand secret des mesures particulièrement régressives :

 · 2 heures d’enseignement en moins comme seule réflexion sur les rythmes scolaires. On aurait pu penser qu’un Ministre Inspecteur Général aurait pris compte les derniers rapports publiés par cette même inspection générale. Le bon sens a encore été trompé. Les enfants les plus en difficulté feront une demi-heure ou une heure de plus à partir de la rentrée. Ignorées les évidences sur la journée scolaire trop longue, le traitement de la difficulté scolaire est renvoyée en dehors  du temps scolaire obligatoire. Il reste une chance au ministre pour retrouver la raison, c’est de suivre l’avis du Conseil Supérieur de l’Education qui a refusé très majoritairement cette amputation.

 · Une réécriture des programmes décidée à la hussarde avec une caricature de démocratie puisque les premiers nouveaux manuels arrivent dans les écoles. Elaborés on ne sait par qui (quoique), dans le plus grand secret, ces programmes vont fabriquer encore plus d’échec.

 

· Des stages pendant les vacances qui, reviennent à valoriser le modèle des officines privées qui font leurs bénéfices avec le soutien fiscal de l’état sur l’angoisse des parents. Parents qui cherchent le meilleur pour leurs enfants soumis à une compétition permanente. Qui peut croire que la difficulté scolaire lourde trouvera une solution durable avec ces 15 heures prises sur les vacances. Qui peut penser ici ou au ministère qu’inviter ces enfants en situation difficiles à rester une semaine de plus début juillet est une proposition sérieuse pour leur faire aimer l’école ?

 Programmes, semaine scolaire, stage, on assiste en fait à un renforcement de l’école de la sélection.

 La culture de la concurrence et de l’évaluation systématique des établissements va devenir l’outil essentiel du pilotage ministériel. Elle va transformer les parents en clients potentiels et mettre à mal l’indispensable cohésion des équipes enseignantes. Mais encore une fois, et le bilan de ces modèles dans d’autres pays nous le montre, ce sont les enfants  des couches populaires qui seront les principales victimes

Alors oui comme le disent 2 anciens ministres nous pourrions penser que le populisme scolaire a pris les rênes du ministère, nous rajouterons juste qu’il s’agit d’un populisme libéral.

 La carte scolaire départementale s’inscrit donc dans ce contexte et les caractéristiques des années précédentes sont malheureusement confirmées et accentuées :

 Les moyens vont encore manquer pour répondre aux besoins des écoles du département. En premier lieu pour renforcer la brigade de remplacement mais on pourrait aussi ajouter les personnels de RASED en nombre suffisant.

 La situation actuelle est encore plus catastrophique que l’an passé alors que la brigade devrait être plus nombreuse qu’en 2006/2007. Votre projet de carte scolaire est censé

 résoudre cette difficulté en transférant des postes classes vers la brigade. Ce faisant vous allez accentuer les tendances de ces dernières années. On atteindra 40 classes en moins pour 1500 élèves de plus. Ce simple constat illustre à sa façon la priorité ministérielle de l’individualisation de l’acte d’enseignement. Cela éclaire mieux le pourquoi du traitement de la difficulté scolaire en dehors du temps scolaire.

 Mais en ramenant inlassablement le problème du remplacement au taux d’encadrement dans les classes, vous, et le recteur en premier,  oubliez volontairement la véritable donnée qui explique les non remplacements, les postes vacants. 34 listes complémentaires ont été recrutées mais le compte n’y est toujours pas. Nous pensons qu’il reste actuellement entre 30 et 35 postes vacants c'est-à-dire 30 à 35 brigades  qui restent affectées sur des postes à l’année. Nous pensons, car il n’y a aucune transparence sur ces données, le recteur se gardant bien de publier le rapport annuel de performance pour l’académie et le bilan des plafonds d’emplois et financiers des différents départements. Ce sont les personnels qui vont aussi subir les conséquences de ce cadre budgétaire puisque vous risquez de bloquer toute demande d’exeat.

 Ce sont les personnels et les enfants qui font les frais de cette austérité budgétaire. Quand une situation devient difficile, le gestionnaire  cherche toujours à changer les outils à sa disposition. Vous l’aviez  initié l’an dernier, vous persévérez, le nouveau contrat pour les ouvertures maintient des conditions de travail et de scolarisation très difficiles. Aussi, nous vous demandons d’ouvrir aussitôt le seuils atteints.

 Et pour faire bonne mesure, cette année, vous proposez au nom de l’équité avec les régressions passées, de  supprimer les conditions de travail particulières dans certaines écoles.

Sur la situation des écoles,  nous verrons lors de l’examen particulier des situations mais nous ne voudrions pas terminer sans rappeler ce que disions disons vendredi matin à propos de la carte scolaire ASH. Nous refusons toute carte commune et toute répartition géographique entre public et privé lors des ouvertures des UPI. Chaque famille doit trouver une offre de service public quelque soit le lieu où elle habite. Nous vous demandons donc de rompre avec ces mauvaises habitudes et d’ouvrir des UPI publiques là où le besoin est avéré.

 

 

 


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