Déclaration FSU au CDEN du 12 juillet 2017

jeudi 13 juillet 2017
par  Dominique Chaperon
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La FSU se félicite de la tenue de ce CDEN initialement non prévu dans le calendrier. Comme nous l’avons écrit dans le courrier que nous vous avons adressé, Monsieur le Directeur académique, avec les organisations syndicales représentatives et les représentant-es des parents d’élèves, il est légitime que les décisions prises notamment en matière de carte scolaire soient présentées à l’ensemble de la communauté éducative, et soumises au débat. Nous souhaitons que désormais, comme vos prédécesseurs le pratiquaient, cette instance soit réunie à l’issue de chaque CTSD.

Ce CDEN se tient alors que les élections présidentielles et législatives viennent de conduire à la tête de l’Etat un nouveau Président et une nouvelle assemblée au Parlement. Ces élections sont caractérisées à la fois par une forte progression du vote en faveur de l’extrême droite ce qui constitue un signal alarmant pour notre système démocratique. Elles sont aussi caractérisées par un taux d’abstention record.
Une part importante des électeurs ne voit en effet plus l’intérêt d’aller voter, puisqu’au bout du compte, ce sont les mêmes politiques qui sont menées. La faible participation aux élections législatives est à ce titre révélatrice d’une grande défiance de la population vis-à-vis du programme annoncé par Emmanuel Macron. Son élection et celle de ses député-es ne signifient pas une adhésion à son programme, loin de là. Les menaces sur le Code du Travail, le statut de la Fonction Publique, la remise en cause du système de retraite qui figurent dans son programme ne sont pas portées par la majorité des salarié-es. La FSU, avec ses partenaires syndicaux, met en garde le gouvernement contre toute tentative de passage en force. Le recours annoncé aux ordonnances dès l’été pour imposer un projet caractérisé par la casse du Code du Travail constitue en ce sens une déclaration de guerre au monde du travail. La FSU, avec ses partenaires syndicaux mettra tout en œuvre pour promouvoir de nouveaux droits et s’opposer aux régressions sociales.
Pour ce qui concerne l’Education, la mise en place des CP à 12, dans les 8 écoles élémentaires de REP+ du Mans a provoqué une désorganisation dans les jours qui ont précédé la sortie. Si la FSU a toujours considéré que la question de la réduction des effectifs était un levier indispensable dans la lutte contre l’échec scolaire, cette mesure pose de nombreux problèmes. Sa mise en place, sans concertation avec les enseignant-es concerné-es, a pour effet collatéral la suppression des postes de MPC dont on commençait tout juste à voir les effets positifs sur le travail des équipes. Nombreux-ses sont celles et ceux qui s’indignent de voir leur investissement et leur avis totalement négligés. La conception des rapports entre le Ministère et les agents que ce fonctionnement implique n’est pas de bon augure. De plus la pression mise sur le CP, les élèves et les enseignant-es concerné-es est en totale contradiction avec la mise en place des cycles, fondés sur le principe de l’étalement des apprentissages fondamentaux et leur progressivité individuelle. Le projet d’extension de la mesure à l’ensemble des CP et CE1 de l’Education prioritaire, mis en relation avec l’annonce de créations de 5000 postes sur la quinquennat aura pour effet non seulement de phagocyter l’ensemble des créations prévues, mais aussi de réduire le nombre de postes dans les autres classes ou écoles, par recours au redéploiement. La FSU s’oppose à ces choix, et continuera à porter les principes d’une amélioration des conditions d’enseignement pour tous-tes les élèves, qu’ils soient en éducation prioritaire ou non.
Cela concerne notamment les conditions d’enseignement en milieu rural. Dans notre département, comme évoqué en préambule de cette déclaration, le vote pour l’extrême droite a été particulièrement important. Le taux de pauvreté élevé qui caractérise la Sarthe, adossé au sentiment d’isolement lié à la disparition des services publics y contribue sans doute fortement. La FSU, à travers le SNUipp, s’est engagée cette année à travailler cette question. Elle a organisé un colloque, et des rencontres avec les élu-es, parents, enseignant-es, citoyen-nes pour discuter de la question de l’école en milieu rural. De ces rencontres est sorti un appel à la défense de l’école rurale. Les signataires estiment indispensable le maintien des écoles dans les villages, et demandent que leur spécifité soit prise en compte, en terme d’effectifs, de moyens financiers, de formation des enseignant-es notamment. Nous porterons ces revendications indispensable au service public d’Education et continuerons à nous opposer à toute convention dont l’objectif viserait à fermer les écoles de villages pour regrouper les élèves dans des cités scolaires.
Le Ministre a également mis en avant son projet de mettre en œuvre l’autonomie des établissements. Pour la FSU, aucune étude ne montre que cette autonomie aurait des effets sur la réussite des élèves. Au contraire, les travaux de Gilles Combaz publiés en 2007 mènent aux conclusions inverses : l’autonomie conduit à centrer les activités sur la socialisation des élèves aux dépens des savoirs ce qui contribue à augmenter les effets inégalitaires des projets d’établissement.
Pour la FSU, le projet du gouvernement est tout autre : il s’agit de rompre avec un cadre défini par une réglementation collective pour lui substituer une conception managériale du pilotage de l’action publique. La FSU, attachée au statut de la Fonction Publique s’opposera à toute mesure visant à renforcer le pouvoir des chefs d’établissement.
La question des rythmes scolaires se retrouve à nouveau à l’ordre du jour
puisque la possibilité de revenir aux 4 jours est ouverte à la rentrée de septembre. Ce retour en arrière est significatif de l’échec de la réforme mise en œuvre par V. Peillon. Elle a contribué à augmenter les inégalités territoriales, mis de nombreuses communes en difficulté financière, contribué à la dégradation des conditions de travail des enseignant-es. Loin de résoudre ces problèmes, l’absence de cadrage va contribuer à la désorganisation du service public. Les dégâts provoqués par le passage brutal aux 4 jours de N. Sarkozy n’en finissent pas, et ce sont les élèves qui en paient le prix fort !
Enfin, la FSU dénonce les mesures prises hors cadre réglementaire. Des affectations sont ainsi opérées en toute opacité dès la sortie des classes. C’est le cas pour la direction de la SEGPA du collège La Madeleine où nous avons appris qu’elle serait pourvue par un CPE, alors qu’au moins une candidature de collègues titulaires du CAPA-SH avaient été transmises. Alors que l’équipe sera entièrement renouvelée, nous estimons que cette direction aurait dû être occupée par une personne ayant une expérience dans l’enseignement spécialisé, dans l’intérêt du servive et des élèves.


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