Emploi et chômage des jeunes

mardi 1er février 2011
par  FSU72
popularité : 3%

Une note très complète du SNUtefi FSU (pôle emploi) sur l’état actuel du marché de l’emploi.

La note "Emploi et chômage des jeunes" SNUtefi FSU

Emploi et chômage des jeunes

note du SNUTEFI FSU (pôle emploi)

Les chiffres sont aux analystes ce que les lampadaires sont aux ivrognes,

ils fournissent bien plus un appui qu’un éclairage

(Jean Dion, chroniqueur canadien)


Cette petite note a pour but de présenter quelques paramètres statistiques sur la situation des jeunes par rapport à l’insertion dans la vie active, les problèmes de chômage et la précarité.

Ils sont destinés à servir dans nos réflexions et diverses pratiques syndicales.

L’essentiel de ces données est un des éléments fournis par les études et compilations statistiques de la Direction générale de Pôle emploi et de sa direction statistiques, études et prévisions.

Ils peuvent donc connaître des distorsions ou limites, notamment à partir de la non prise en compte des phénomènes de «découragement» faisant échapper des secteurs de la population concernée au recensement des services de Pôle emploi et d’autres structures du service public de l’emploi (comme le réseau des Missions locales).



Evolution des niveaux de formation et de diplôme

En moyenne 700 000 entrées sur le marché du travail

832 000 en 1980

642 000 années 90

725 000 de 2004 à 2006

= 2,5% de la population active (26 millions)

Flux annuel de sortie (départs en retraite) = 750 000/an.


Caractéristique essentielle

Montée régulière du niveau de formation et de diplôme

En 80 : 19% des sortants (diplômés de l’enseignement supérieur)

En 90 : 29%

En 2000 : 42%


Baisse des niveaux CAP/BEP

En 80 – 47%

En 2004 /2006– 22%

Essentiellement par progression des formations professionnelles

Bac pro 94 13%

  1. 18%

Entrées IUT/STS 2005 34%} entrées enseignement

  1. 31%}supérieur


Licences professionnelles

(2000) 3%

2004/2006+ 15%

Apprentissage niveau Bac et du supérieur Bac + 2

  1. 5,3%

  1. 17,3%

Stabilisation des sorties de l’appareil scolaire sans diplôme 

Second cycle enseignement secondaire

  1. 30%

  1. 17% (124 000 jeunes)


Sorties sans qualification

En dessous niveau V

6% des sorties du système éducatif = 44 000 jeunes


Faible taux d’activité et fort taux de chômage des jeunes

Taux de chômage = effectif des (jeunes) chômeurs

Effectif des (jeunes) en activité

Population active en 2009 trois fois supérieur aux 24-49 = 22,7%

Aggravation de la crise (début 2008)

Aggravation plus forte pour les jeunes hommes que pour les jeunes femmes

Mais attention à garder un regard d’ensemble

Majorité classe d’âge en cours de formation +1/3 des jeunes sur le marché du travail inclus dans la population active (sortie appareil scolaire-avant retraite)


Taux d’activité = 37 ,5% population active (jeunes)

population globale (jeunes)



Taux d’emploi effectif en emploi (jeunes)

population globale (jeunes)


Définitions :

Population active :

Ensemble des personnes exerçant une activité rémunérée ou cherchant à exercer une activité rémunérée. Les chômeurs sont donc inclus dans la population active.


Taux d’emploi :

Nombre de personnes exerçant un emploi sur une population donnée (en l’occurrence (18-25 ans).



1er trimestre 2008

1er trimestre 2009


Taux d’emploi

Taux d’emploi

15-24 ans

29,2

29

25-49 ans

83,3

82,4


Taux d’activité

Taux d’activité

15-24 ans

35,4

37,5

25-49 ans

89,1

89,3


Taux de chômage

Taux de chômage

15-24 ans

17,6

22,7

Dont : hommes

17,1

24,2

Dont : femmes

18,3

20,9

25-49 ans

6,6

7,7


Source : INSEE, France métropolitaine, taux d’emploi, d’activité et de chômage au sens du BIT.


Situation française plus défavorable que la moyenne européenne

Taux de chômage des jeunes en Europe 15-24 ans 19,5%

en France 15-24 ans 23,9%


Taux d’emploi des jeunes légèrement en-deçà de la moyenne européenne :

France 35,3%

Espagne 29,3%

Italie 21,7%

Allemagne 46,3%

Gde-Bretagne 49,1%

54% des jeunes sortis de la formation initiale (entre octobre 2003 et octobre 2004) ont connu le chômage pendant leurs trois premières années de vie active.


Insertion des jeunes dans l’emploi/caractéristiques essentielles

8 jeunes sur 10 accèdent au premier emploi en moins de 6 mois

50% en moins de 3 mois (quel que soit le niveau de formation) mais instabilité

Premières embauches 7 fois sur 10 en CDD

19% missions d’intérim

1 jeune sur 5 embauché à temps partiel pour son premier emploi.


Déclassements très nombreux

Niveau de formation/niveau d’embauche

Mais années qui suivent rattrapage professionnel pour certain(e)s

20% des jeunes « sortis » (oct. 2003-oct. 2004)

1er emploi : employé ou ouvrier non qualifié

13% (3 années plus tard)


Mobilités et orientations professionnelles fréquentes

Jeunes ayant travaillé (3 premières années)

56% ont changé d’employeurs

¼ au moins 3 employeurs différents


Genre et typologie des secteurs d’activité

Trois ans après la sortie du système éducatif, les secteurs d’activité sont en majorité commerce, santé, action sociale ;

Concernant l’action sociale, majorité de femmes

Concernant l’industrie et la construction, majorité d’hommes

Les parts commerce, services aux particuliers diminuent pour les secteurs administration, activités financières, services qualifiés aux entreprises.

¾ des jeunes sont employés par le secteur privé : phénomène stable.

Sept ans après la sortie de l’appareil scolaire, 14% ont changé de métier dont 4% avec suivi d’une formation.



Le rôle protecteur du diplôme

Le rapport au chômage est modulé de façon très importante en fonction du niveau de diplôme.

Par exemple pour la génération sortie en 2004 de l’appareil scolaire, sur les trois premières y succédant

53% des non diplômés ont cumulé au moins 6 mois de chômage

38% des diplômés CAP-BEP (ce qui est important)

28% des Bac, Bac +4

21% des Bac +2 (BTS, DUT, diplôme de la santé, du social), les diplômés des filières industrielles « tirant un peu mieux leur épingle du jeu » par rapport aux filières tertiaires.

Le niveau d’emploi est également lié au niveau de formation. En soulignant que le CDI n’est pas le cadre majoritaire pour aucun des niveaux :

CDI comme premier emploi 23% des non diplômés

28%titulaires CAP/BEP

25% bacheliers

30% Bac + 2

36% Bac + 4

31% docteurs

Effets également sur le niveau salarial ou sa progression, génération sortie de formation initiale entre octobre 2003 et octobre 2004 (donc il faut nécessairement inclure à la réflexion la dégradation découlant de la crise 2008/2009/2010).

Détenteurs au moins d’un master, leur premier emploi est 58% supérieur à ceux sans diplôme.

La progression du salaire médian de ceux/celles qui ont un diplôme supérieur est plus rapide que ceux/celles qui ont un diplôme du secondaire.


Rythme d’entrée dans l’emploi et typologie du parcours d’insertion

Sur la base des 3 premières années de vie active, jeunes sortis de formation initiale (oct. 2003-oct. 2004), 58% des jeunes ont connu un accès durable et rapide à l’emploi. Ce qui se traduit en moyenne par 34 mois en emploi et un mois au chômage.

En miroir, près de 40% connaissent le chômage (répertorié officiellement ou pas). Là encore le niveau de formation et de diplôme est discriminant.

Dans la catégorie « inséré »

CAP/BEP 55%

Bac/Bac + 2 73%

Non diplômé 34%

A noter que 70% des bacheliers technologiques connaissent un accès rapide et durable à l’emploi. L’apprentissage étant également un facteur relevant du même mouvement.


Toujours après 3 années de vie active

77% des jeunes travaillent

13% sont au chômage (statistiquement comptabilisés)

3% sans emploi sont inscrits à Pôle emploi

7%en retour en formation


Taux de chômage

Non diplômés 32%

CAP/BEP 17%

Niveau Bac 13%

Bac+ 2, licence 7%

Bac + 4 10%

Master 5%

Docteurs 7%

Donc les diplômés de l’enseignement secondaire et supérieur occupent majoritairement des emplois en CDI, tandis que pour les non diplômés, ils ne représentent que 44%.




L’insertion des jeunes et les mesures emploi

Les mesures publiques des politiques de l’emploi sont pour presque la moitié d’entre elles destinées aux publics jeunes.



Jeunes 16-25 ans

Jeunes 16-25 ans

Jeunes 16-25 ans


Entrées cumulées jan-nov 2009

Effectif estimé 11/09

Part des jeunes non qualifiés

Niveaux VI et V bis

Contrat formation alternance

344 503

584 307

16%

Contrat apprentissage

239 333

413 730

18%

Contrat de professionnalisation jeunes

105 170

170 577

9%


En matière de contrats aidés, il est à noter qu’alors qu’ils étaient initialement destinés à des publics à faible niveau de formation, ils connaissent une évolution en concernant de plus en plus de jeunes déjà qualifiés.

En 2008 les niveaux V bis et VI représentent 14% des contrats aidés. Dans leurs 7 premières années de vie active, 41% des sortants du système scolaire sans diplôme ont un accès à une mesure d’aide à l’emploi. 20% pour les Bac +2.



La crise et son impact sur l’emploi des jeunes

En 2009, selon le BIT, dans le monde, 81 millions de jeunes de 15 à 24 ans sont sans emploi. Ce chiffre effrayant peut conduire à s’interroger sur les possibilités de « génération perdue ou sacrifiée ».

Sous l’impact de la crise, le chômage de longue durée a explosé chez les jeunes.

Le nombre de jeunes de moins de 25 ans qui cherchent un emploi depuis au moins un an a augmenté (en 2 ans) de 72%

Juillet 2008 64 000

«  2010 109 000

Les jeunes diplômés sont également touchés avec un accroissement du phénomène de déclassement déjà à l’œuvre les années précédentes.

Selon une étude de l’Association pour l’emploi des cadres (APEC), concernant des jeunes sortis de l’enseignement au niveau Bac +4

Huit mois après leur diplôme

En 2007 77% sont en emploi

En 2008 68% «  «  «  « 

En 2009 64% «  «  «  « 

Leurs conditions d’entrée se sont dégradées

La part des CDI a baissé

En 2007 61%

En 2008 54%

En 2009 47%

Les CDD ont cru de plus de 5 points.

Pour les étudiants sortant des grandes écoles, le taux d’emploi a chuté d’une vingtaine de points depuis 2007, mais il est de 65% pour les écoles de management, de 64% pour les écoles d’ingénieurs, 59% pour les universités

Le salaire médian des diplômés d’une école d’ingénieurs est de 31 500 euros (brut annuel)

De commerce 29 900

Université 25 000


Quartiers sensibles : une bombe prête à exploser ?

Le rapport réalisé par l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (ONZUS), démontre une situation dans les zones sensibles extrêmement préoccupante. Après 20 années de politiques de la ville et après les émeutes de l’automne 2005, le taux de chômage des jeunes est deux fois plus élevé que la moyenne nationale touchant 43% des jeunes hommes et 37% des jeunes femmes, et cela pour les 751 quartiers sensibles

Avec autre facteur à souligner, les diplômés sont autant touchés par le chômage que les autres jeunes. Le rôle protecteur du diplôme ne fonctionne plus.

Seul signe quelque peu optimiste, le taux de réussite des élèves des ZUS est certes inférieur à la moyenne nationale, mais il a tendance à se réduire légèrement ces dernières années.


Les statuts emploi en France


Moyenne annuelle 2003

De 15 à 24 ans

De 25 à 49 ans

50 ans et plus

Ensemble de 15 ans ou plus

Non salariés

1,8

9,8

19,5

11,5

Salariés dont :

98,2

90,2

80,5

88,5

Intérimaires

7,0

1,6

0,5

1,8

Apprentis

11,5

0,1

0,0

1,0

CDD *

27,5

7 ,2

3,9

8,1

CDI *

52,2

81,2

76,2

77,6

Ensemble des emplois

100,0

100,0

100,0

100,0

Effectif (en milliers)

2 085

16 696

5 915

24 696

* y compris contrats aidés


Moyenne annuelle 2008

De 15 à 25 ans

De 25 à 49 ans

50 ans et plus

Ensemble des 15 ans ou plus

Non salariés

2,0

9,3

16,5

10,5

Salariés dont :

98,0

90,7

83,5

89,5

intérimaires

6,6

2,1

0,7

2,1

apprentis

15,3

0,1

0,0

1,3

CDD*

26,4

7,5

4,4

8,3

CDI*

49,7

81,0

78,4

77,7

Ensemble des emplois

100,0

100,0

100,0

100,0

Effectif (en milliers)

2 159

17 093

6 661

25 913

* y compris contrats aidés

Champ : France métropolitaine, population de ménages, actifs de 15 ans ou plus ayant un emploi


Conclusion 

On peut reprendre une réflexion de Jacques Freyssinet en 2006 : « Parmi les pays développés, la France se caractérise par un rejet des déséquilibres du marché du travail sur les classes d’âges extrêmes (c’est-à-dire ajouté par nous les jeunes et les séniors).

Les jeunes de 15 à 24 ans subissent un taux de chômage (21,4% fin juillet 2006) qui est régulièrement supérieur au double du taux de chômage moyen (8,9%).A cela s’ajoute à la sortie du système scolaire, un allongement de trajectoires d’insertion qui passent majoritairement par des périodes de chômage et des emplois précaires ou aidés. L’accès à un emploi s’accompagne souvent, au moins initialement, d’une déclassification par rapport au diplôme. La question qui se pose est de déterminer dans quelle mesure cette situation ne reflète que des difficultés transitoires d’insertion et dans quelle mesure elle résulte du fait que les jeunes sont devenus les vecteurs d’introduction des nouvelles formes d’emploi, qui par leur intermédiaire se diffusent progressivement dans l’ensemble de la population active. »



Ouvrages de référence :

Sous la direction de Christian Charpy

Emploiscopie

Travail et emploi, aujourd’hui et demain

Fayard mars 2010


Sous la direction de Jacques Freyssinet

Travail et emploi en France, état des lieux et perspectives

La Documentation française octobre 2006


Paris, 27 janvier 2011


Documents joints

note SNUtefi emploi chômage des jeunes

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29 Place d’Alger
72000 LE MANS


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