Le gouvernement a choisi...

lundi 20 janvier 2014
par  FSU72
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Le gouvernement a choisi

En confirmant hier le pacte de responsabilité, le président de la république a clairement confirmé le choix d’une politique économique libérale. S’il n’a pas précisé les contreparties demandées aux entreprises à la suppression des cotisations employeur pour la branche famille, il a clairement dit que les « conditions » de sa réalisation serait la réduction toujours plus forte des dépenses publiques.

C’est inacceptable pour la FSU.

S’il est nécessaire de prendre des mesures pour relancer l’emploi, cela ne doit pas se faire au détriment des services publics, de la fonction publique et de ses agents.

Le rôle de l’Etat et des collectivités locales est déterminant pour sortir de la crise, faire face à la situation sociale et aux enjeux économiques, pour construire une société plus solidaire. Une réforme fiscale fondée sur un réel partage des richesses est plus que jamais urgente et nécessaire.

La FSU a adressé en ce sens un courrier à tous les agents de la fonction publique.

Elle continuera de défendre ses exigences avec les personnels.

Les Lilas le 15 janvier.

Oui, Monsieur le Président, les dépenses sociales et publiques sont utiles !

Le Haut Conseil du financement de la protection sociale a remis ce jour au premier ministre son « rapport sur les perspectives financières à moyen-long terme des régimes de protection sociale ».

La FSU a défendu l’idée que le retour à l’équilibre passe nécessairement par une augmentation des ressources et non par des reculs en matière de droits sociaux, comme l’ont démontré a contrario les réformes successives sur les retraites.

Toutes les réformes faites au nom de la crise n’ont fait qu’alimenter celle-ci. La sortie de crise passe notamment par le développement des services publics et une protection sociale de haut niveau parce qu’elle contribue à la croissance et au bien-être et joue un rôle redistributif important.

La FSU a dénoncé la fiscalisation croissante de la sécurité sociale qui a accompagné en 50 ans la baisse de la part des cotisations employeurs. Elle est en total désaccord avec la suppression d’ici 2017 des cotisations employeurs famille que F. Hollande a annoncée hier (35 Mds d’euros). La première mise en œuvre par le CICE (20 Mds d’euros) a été financée en partie par la hausse de la TVA et la neutralisation de la hausse des cotisations employeurs vieillesse (que les salariés, eux, doivent acquitter). Le complément serait lui aussi payé par les ménages au travers d’une nouvelle baisse des dépenses publiques.

Le financement de la protection sociale renvoie clairement à un choix de société et doit résulter d’un débat démocratique. La réforme que la FSU appelle de ses vœux s’inscrit dans le cadre d’une politique économique et sociale en faveur de l’emploi et des salaires, avec des financements solidaires nouveaux fondés sur un autre partage des richesses.

Les Lilas le 15 janvier.

30 milliards d’euros de baisses de cotisations : ce que l’on pourrait faire à la place

L’Observatoire des Inégalités publie le 16 janvier 2014 - Que faire avec 30 milliards d’euros ? Le gouvernement a choisi d’aider les entreprises à réduire leurs cotisations sociales. Il aurait pu en être autrement. Quelques exemples concrets.

Le Président de la République a annoncé, lors de ses voeux à la presse du 14 janvier, que le gouvernement allait réduire de 30 milliards d’ici 2017 les cotisations familiales versées par les entreprises et donc alléger leurs charges. Cette somme colossale ne veut rien dire pour la majorité de la population. Nous vous proposons un chiffrage très simple de ce qui aurait pu être fait en matière de services publics, si l’exécutif en avait décidé autrement. Et si, par exemple, il avait augmenté les dépenses au lieu de réduire les recettes, ce qui revient au même.

Avec 30 milliards d’euros, on aurait pu augmenter de...

. Le budget de la mission Budget 2014 en milliards d’euros
1,6 fois Enseignement primaire et secondaire 46,3
2 fois Défense 29,6
2,2 fois Recherche et enseignement supérieur 25,8
3,2 fois Solidarité, insertion et égalité des chances 13,6
3,5 fois Police 12,2
3,8 fois Travail et emploi 10,8
4,8 fois Egalité des territoires, logement et ville 7,8
5,2 fois Ecologie, développement et aménagement 7,2
5,8 fois Justice 6,3
11,2 fois Anciens combattants 3
11,2 fois Agriculture 2,9
11,3 fois Aide publique au développement 2,9
11,7 fois Affaires étrangères 2,8
13,6 fois Culture 2,4
15,9 fois Outre-mer 2
24 fois Santé 1,3
37,6 fois Médias, livres et industries culturelles 0,8
46,5 fois Immigration, asile et intégration 0,7
66,2 fois Sport, jeunesse et vie associative 0,5
Principaux budgets.
Source : calculs Observatoire des inégaltiés, d’après ministère de l’Economie

Bien entendu, ce calcul totalement théorique n’a aucun sens pratique. Multiplier par deux le budget de la Défense ou par six celui de la Justice n’aurait aucun intérêt. Dépenser pour dépenser est absurde, il reste nécessaire d’économiser l’argent public. Ce chiffrage permet simplement de comprendre les ordres de grandeur. A chacun de faire son choix. On peut imaginer l’impact économique, social et au final politique d’une hausse de 20 % du budget de la recherche et de 50 % des forces de sécurité et des moyens au service de l’environnement. On aurait pu aussi utiliser ces 30 milliards pour réduire le déficit public (ce qui en représenterait 40 %), et permettrait de réduire la masse des intérêts versés par l’État.

On peut considérer les choses de façon encore plus opérationnelle. Voici le coût de quelques mesures qui auraient pu être prises pour une addition totale d’environ 30 milliards :

- Embaucher 100 000 enseignants pour réduire le nombre d’élèves par classe et moderniser l’école = 4,5 milliards d’euros.
- Verser un minimum social aux 1,1 million de 18-24 ans en situation de pauvreté = 6 milliards.
- Créer 250 000 emplois jeunes : 4 milliards.
- Construire 70 000 logements sociaux en Ile-de-France : 12,6 milliards.
- Verser une allocation mensuelle de 70 euros à toutes les familles ayant un enfant : 3 milliards.

Chacune de ces mesures est discutable. On peut y préférer des places en crèche, un meilleur remboursement des prothèses dentaires ou des lunettes, la rénovation des prisons, les transports en commun ou encore l’amélioration de l’accueil des personnes âgées démunies, etc. La liste est longue des domaines qui font l’objet d’un relatif consensus dans notre société sur la nécessité d’agir. A chacun de choisir en fonction de la valeur qu’il accorde à ces besoins.

Il faut mesurer l’impact social qu’un tel programme de modernisation de l’action publique aurait, en répondant à des besoins sociaux majeurs. De son côté, le plan proposé par le gouvernement est censé créer des emplois et donc réduire le chômage. L’impact de la baisse des charges déjà décidée par le gouvernement - le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) [2], d’un coût de 20 milliards - a été évalué par l’OFCE à 150 000 emplois qui pourraient être créés d’ici 2018 soit une baisse du taux de chômage de 0,6 point. Soit pas moins de 130 000 euros dépensés par poste de travail créé.

Quel impact a une baisse de prélèvements ou une hausse des dépenses publiques ?

Les évaluations reposent en fait sur des hypothèses très fragiles sur le comportement des acteurs économiques et la croissance mondiale... Aucun emploi ne sera créé si les carnets de commandes des entreprises restent vides, quel que soit le coût du travail... Une grande partie de l’équation tient dans le mode de financement.

En situation de fort déficit et de croissance lente, il n’y a que deux solutions pour dépenser plus ou baisser les cotisations : augmenter d’autres impôts ou réduire d’autres dépenses [3]. Le crédit d’impôt actuel (le CICE) est financé essentiellement par les consommateurs par le biais de la TVA, et donc pèse sur le revenu de tous les ménages, y compris sur celui des plus démunis. C’est la façon la plus inégalitaire de procéder et aussi celle qui va avoir l’impact le plus négatif sur la consommation. On aurait pu imaginer jouer sur l’impôt proportionnel (la CSG) qui porte sur l’ensemble du revenu, ou l’impôt progressif sur le revenu, dont le taux augmente avec les ressources.

L’impact d’une baisse des dépenses dépend aussi du type de dépense réduite. S’il s’agit de prestations sociales, qui bénéficient en grande partie aux plus modestes (beaucoup sont versées sous conditions de ressources), l’impact économique est fortement négatif. S’il s’agit de diminuer les investissements publics : cela signifie moins de commandes pour les entreprises et cela a un impact à long terme sur les structures économiques. Il faut noter que le montant total (en incluant l’État et les collectivités locales) de l’investissement public est de 60 milliards d’euros. Enfin, réduire de façon drastique le nombre de fonctionnaires aurait une conséquence directe sur le nombre d’emplois global, un impact sur la croissance (les salaires des ces derniers alimentent l’activité) mais aussi sur les services rendus (moins de sécurité dans les rues, plus d’élèves par classe, etc.) ce qui a aussi un impact économique au final.


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