Plus de 10 000 manifestants dans les rues du Mans

mardi 23 mars 2010
par  FSU72
popularité : 4%

Forte mobilisation avec 10 à 12 000 manifestants dans les rues du Mans.
50% de grévistes dans les écoles du département...

Pour la FSU, cette mobilisation doit permettre de construire, dans la durée, une dynamique pour bloquer la politique gouvernementale de casse sociale. La volonté réaffirmée au plus haut niveau gouvernemental, au lendemain des élections régionales, de faire des retraites la réforme phare de la fin du quinquennat est lourde de menaces.
C'est bien une action de grande ampleur et dans la durée qui est à l'ordre du jour.


Ci-dessous, quelques photos et l'intervention unitaire CGT, CFDT, UNSA, Solidaires, FSU lue à l'issue de la manifestation.






Dépêche AP lundi 22 mars

Commentant l’arrivée d’Eric Woerth au ministère du Travail, Gérard Aschieri a estimé qu’"en matière de dialogue social, il n’écoute pas beaucoup". "Il utilise le dialogue social quand ça correspond à son projet ou lorsqu’il y est contraint", a critiqué l’ancien secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU, premier syndicat de la Fonction publique d’Etat), de 2001 au 5 février dernier, interrogé par l’AP peu avant l’annonce officielle du remaniement. M. Aschieri interprète ce changement de portefeuille comme "un signe de la volonté d’aller loin dans la réforme des retraites, d’aller loin dans la remise en cause des garanties".










Emplois, salaires, retraites, conditions de travail 

Ensemble privé-public pour gagner 

CGT, CFDT, UNSA, Solidaires, FSU



La crise est maintenant là depuis plus d’un an et au-delà des effets d’annonce permanents, le gouvernement et le patronat n’ont apporté aucune réponse face à l’urgence sociale. Bien au contraire :


Pour la grande majorité des entreprises, la sortie de crise, c’est rétablir les taux de profit et donc « ré ajuster les effectifs ».

Il ne se passe pas un jour sans l’annonce de nouvelles suppressions d’emplois, de plans sociaux dans tous les secteurs d’activité. Nicolas Sarkozy avait assuré fin janvier que "dans les semaines et les mois qui viennent" les Français verraient "reculer le chômage" Et bien on a vu ! Les derniers chiffres du chômage sont catastrophiques : le taux « officiel » du chômage vient d’atteindre les 10%, et cela représente plus de 2,7 millions de personnes en France métropolitaine !


Les responsables d’une crise qu’il n’ont pas vu venir, seraient en train de nous expliquer comment on va en sortir, alors que dans notre département, comme ailleurs l’emploi est très fortement menacé. C’est le cas dans le privé mais également dans les grandes fonctions publiques (Education/Santé/Finances). Cette forte dégradation de l’emploi dans la sarthe est également observée au travers les fermetures d’entreprises.


Trois grands secteurs privés sont tout particulièrement sur le devant de la scène :

  • le secteur automobile avec une multitude de sous-traitants;

  • le BTP ;

  • les services.

Les salariés des très petites entreprises et les nombreux précaires subissent tout particulièrement les effets de la crise.

Cette situation est le fruit des stratégies inacceptables menées par les grands groupes et les donneurs d’ordre et plus globalement de la politique gouvernementale.

Parallèlement, de trop nombreux employeurs tentent d’acheter le silence des salariés en recourant à la pratique des supra primes de départ, alors que tout le monde sait très bien, que ce ne sont pas ces primes qui permettront de retrouver du travail.

Ces pratiques tendent à se généraliser et montrent que le patronat n’assume pas ses responsabilités.


Profitant de ce contexte, dans les NAO, (négociations annuelles obligatoires) les patrons exercent un véritable chantage à l’emploi « c’est parce que nous voulons préserver vos emplois que nous ne pouvons pas vous augmenter ! » et imposent les sacrifices sur les salaires. Partout l’offensive se poursuit pour faire supporter la crise aux salariés.


Sous l’effet des suppressions d’emplois et de l’écrasement des salaires par le bas, pour la 1ère fois depuis 1949, la masse salariale du secteur privé a baissé en 2009 !


N’oublions pas que depuis les années 1980, la part des salaires dans la répartition des richesses a diminué de 12% en faveur des profits.


Et pendant ce temps, du côté des actionnaires, tout va bien !

Les entreprises affichent des bénéfices insolents, les actionnaires et les marchés financiers déjà gavés, ne sont jamais rassasiés. On vient de nous annoncer pour les entreprises du CAC 40, 47 milliards de profits cumulés en 2009 dont 11 milliards pour les banques et assurances. BNP Paribas a vu son bénéfice bondir de 93% en 2009 à près de 6 milliards d'euros ! Sanofi-Aventis et Total affichent les deux meilleurs résultats en bénéfice net : 7,8 milliards d’euros pour Total !


Le président de la République, comme ses ministres, font semblant de réprimander les patrons aux méthodes ouvertement trop outrancières comme chez Total ou Philips mais ils ne prennent aucune mesure contre tous ces actionnaires qui empochent depuis des années les « aides à l’emploi » et licencient à tour de bras.


Pour le gouvernement, la sortie de crise, c’est « rétablir » les équilibres financiers, c'est-à-dire trancher dans la dépense sociale :


Premiers visés les services publics : Au moment où le service public devrait, plus que jamais, être l’élément fort de la cohésion sociale, les équipes du Premier Ministre n’ont de cesse de mettre en place des réformes qui remettent en cause les valeurs et les fondements de la Fonction publique : solidarité, intérêt général, égalité d’accès pour tous, neutralité et impartialité des fonctionnaires.


Quel secteur de la Fonction publique n’est pas aujourd’hui touché par les suppressions de postes (100 000 en 3 ans), par les suppression de missions, par les réorganisations ou fusions de structures, voire de ministères ? Aucun !

Dans l’Education, la Santé, la Recherche, la Culture, les finances… comme partout ailleurs...le gouvernement orchestre à la fois suppressions de postes massives et contre-réformes.


D’une part les citoyens subissent un éloignement et une dégradation de leurs services publics et d’autres part les agents publics subissent de plein fouet des bouleversements qui, non seulement, dégradent au quotidien leurs conditions de travail, mais ne leur permettent plus de remplir leurs missions, en toute neutralité, sur l’ensemble du territoire.


Aujourd’hui, sous couvert de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), d’une soi-disant modernisation de la Fonction publique et d’une diminution des dépenses publiques, fonctionnaires ou agents des services publics, sont confrontés à un empilement incroyable de réformes en tout genre.


Sous des appellations différentes, fusions, réorganisations, restructurations, RéATE, projet de réforme Territoriale, loi HPST (Hôpital, Patients, Santé, Territoires), tout est bon pour, insidieusement, abandonner des missions, voire les préparer à l’externalisation. La loi sur la mobilité des fonctionnaires prépare le plus grand plan social qu’ait jamais connu la Fonction Publique.


Dans le public comme dans le privé, les milliers de suppressions d’emplois, les restructurations ou fusions faites à l’emporte-pièce sont synonymes de dégradation des conditions de travail. Explosion des heures supplémentaires, explosion de la précarité. Plus de travail à accomplir, plus de pressions, plus de contraintes et de rendement, c’est le lot quotidien des travailleuses et des travailleurs du public comme du privé.


A la fin de cette année, un million de chômeurs/ses arrivent en fin de droit. Seulement 17 % d’entre eux toucheront l’Allocation Spécifique de solidarité versée par l’Etat, puisqu’il faut avoir travaillé 5 ans dans les 10 dernières années pour la percevoir. Les autres basculeront en RSA. Dans l’urgence, le gouvernement et le patronat doivent assumer leurs responsabilités.


A l’heure où le taux de chômage des 16/25 ans a dépassé les 25%, le gouvernement et le patronat détruisent les garanties collectives futures en dégradant la valeur de leur diplôme à travers la réforme Chatel dans les lycées, la LRU et ses conséquences sur les universités. Allonger la durée du travail pour une jeunesse
qui galère pour en trouver, c’est la pousser encore un peu plus vers un avenir de précarité.

Ailleurs, pas plus qu’en France, les salarié-e-s et les populations n’acceptent de payer les frais de la crise


En Islande, la population a refusé, par un vote à plus de 90%, de rembourser les spéculateurs Britanniques et Néerlandais qui avaient perdu leurs avoirs lors de la crise financière. Le projet de loi que les Islandais ont refusé voulait leur faire rembourser ceux qui avaient joué sur les marchés financiers pour avoir des rémunérations mirobolantes, et qui étaient donc coresponsables de la débâcle financière !


En Grèce, ce sont les retraité-es, les fonctionnaires aux salaires modestes qui sont sommés d’accepter que leur situation s’aggrave encore, pour payer l’addition d’une crise dont ils ne sont pas responsables. Le dernier plan de rigueur ne propose rien de moins que l'augmentation de la TVA, des baisses de salaires pour les fonctionnaires et le gel des retraites dans le public et le privé !. Le 24 février, ce sont 2, 5 millions de travailleurs grecs du public et du privé qui se sont mis en grève (sur 11 millions d’habitants).


Une même politique d’austérité drastique touche, ou va toucher, tous les pays européens. Partout les gouvernements et les institutions de l’Union européenne font payer la crise aux populations, alors même que ce sont les marchés financiers qui en sont responsables. Ce sont les mêmes injonctions qui guident la politique gouvernementale dans sa volonté de mettre en cause les régimes de retraite et les suppressions d’emploi dans les fonctions publiques.


Ce sont les financiers qui, par leur cupidité et leur aveuglement, ont plongé le monde dans la récession. Pour y remédier et pour les sauver de la faillite, les Etats ont dû emprunter auprès… de ces mêmes investisseurs internationaux qui maintenant leur reprochent un endettement dont ils sont les premiers responsables et dont ils profitent !
Plus fort encore, les banques et autres institutions financières empruntent de l’argent à la Banque centrale européenne (BCE) à un taux très faible pour ensuite prêter de l’argent aux Etats à un taux beaucoup plus élevé !


Dans un contexte social qui se dégrade, nous assistons à une recrudescence des luttes sociales dans les entreprises. Les salariés qui luttent donnent la voie à suivre, car les luttes perdues sont celles qu’on ne mène pas ! Face à l’arrogance du gouvernement et du patronat, les salariés doivent donc s’organiser, condition indispensable pour élever le rapport de forces dans les entreprises pour faire aboutir leurs revendications.


Loin d’être résignés donc, les salariés font la démonstration de leur combativité comme en témoignent les quelques exemples qui suivent :


Grèves en cours contre les fermetures d’usine comme chez Total ou Philips à Dreux :


Philips, dont les salariés ont obtenu la suspension du plan social en cours. Bien sûr, la question de fond n’est pas réglée, la direction de Philips va sans doute tenter de revenir sous peu avec le même projet de fermeture du site et de licenciement des salarié-e-s, mais c’est une victoire importante et une fois de plus, les patrons de Philips, aux méthodes de voyous, ont été désavoués.


Grève nationale dans les raffineries Total qui a montré que les salarié-es se mobilisent fortement, en solidarité avec celles et ceux qui luttent, et pour les revendications de tous. Ce dossier va revenir rapidement sur le devant de la scène avec une mobilisation des salarié-es des 13 raffineries françaises le jeudi 15 avril prochain, date d’une table ronde nationale sur le raffinage en France.


Augmentation des conflits sur les salaires et sur l’emploi, un peu partout, comme chez IKEA ou localement chez Renault, Téléperformance, Souriau, Alphacan, LTR, Setram, Legrand, …La question des salaires touche l’ensemble des salariés, du privé comme du public : La Poste, le secteur Santé, les finances, l’Education Nationale, les cheminots…Face à une injustice qui devient de plus en plus visible et face au mépris du gouvernement et du patronat, les salariés ont raison de transformer leur colère en mobilisation pour imposer une prise en compte de leurs revendications.

La montée en puissance des conflits sur les salaires traduit un profond ras-le-bol des salariés confrontés au gel des augmentations générales, à l’individualisation, à la hausse effrénée de la productivité et à la non-reconnaissance des qualifications et des responsabilités.


En cette période de profonde crise de l’emploi qui impacte le pouvoir d’achat des familles, les salariés revendiquent des augmentations salariales. Tandis qu’avec l’argent public largement distribué sans de vraies contreparties, les entreprises consolident leur profit… les salariés eux, réclament sans attendre un autre partage des richesses qu’ils créent. Il faut refuser toute aide aux entreprises qui licencient et délocalisent et exiger une transparence et un control syndical sur la gouvernance des entreprises et les livres de compte.


Dans ce cadre, le droit du travail doit s’appliquer à tous et pour tous et permettre l’égalité de traitement entre salariés. Ce principe doit s’appliquer de la même manière aux travailleurs et travailleuses sans –papiers. C’est le sens du communiqué national que nos organisations et plusieurs associations ont adressé à l’attention du ministère du travail.


Dans le même temps, les annonces gouvernementales en matière de retraite préparent de nouvelles régressions (remise en cause de la retraite à 60 ans, augmentation du nombre d'années de cotisation, non prise en compte de la pénibilité et du niveau des retraites, mise en cause du code des pensions et du calcul de la retraite sur l'indice des 6 derniers mois...) qui participent de la même politique : réduire au minimum les retraites de base pour le plus grand profit des banques et des fonds de pension.

Les mesures prises depuis 1993 pour résoudre la question du financement des retraites n’ont pas apporté de solution. En plus, elles ont contribué à augmenter les inégalités, notamment concernant la baisse générale au niveau des pensions.


Reporter l’âge de la retraite est une fausse solution. Pour preuve, rappelons que ce sont 40% des salarié-es qui ne sont plus en activité au moment de faire valoir leur droit à retraite : ils sont au chômage, en maladie ou en invalidité. Et comment penser que la solution passerait par travailler plus longtemps quand tant de jeunes et moins jeunes sont exclus du monde du travail ?


Cotiser un nombre d’annuités toujours croissant pour obtenir une retraite à taux plein serait de plus en plus difficile et se traduirait par une baisse des pensions.


Tous ces projets aboutiraient à une paupérisation encore accrue des futurs retraités et à une aggravation des inégalités pour toutes les personnes aux carrières heurtées. Les femmes, qui ont déjà des pensions en moyenne inférieures de 40 % aux hommes, sont particulièrement touchées.


Les salaires et les retraites ne font que baisser alors que le chômage et les petits boulots ne font qu’augmenter. Se battre pour les salaires, pour l’emploi, c’est augmenter les cotisations sociales, c’est un des éléments de réponse au débat sur les retraites.


Le vrai problème, c’est que les gains de productivité n’ont pas cessé d’augmenter depuis plus d’un siècle, mais ils n’ont profité qu’aux financiers, et pas aux salarié-es.


Le Président de la République a annoncé le calendrier de ce rendez-vous 2010 sur les retraites et entend légiférer dès le début de l’automne, laissant finalement peu de temps pour mener le débat et mobiliser les salariés. Gouvernement et le patronat veulent poursuivre et aggraver des réformes inacceptables pour les salariés, les retraités et les générations futures. Rien n’est joué contrairement à toutes celles et tous ceux qui affirment qu’il n’y aurait pas d’autres solutions que d’allonger la durée de cotisation ou de reporter l’âge légal de départ à 60 ans.

La retraite mérite un grand débat national car elle relève de choix de société. Ce débat ne saurait être l’affaire des seuls « experts ». Le débat sur les retraites doit prendre en compte l’ensemble des questions tant au niveau du public que du privé, notamment concernant le niveau des pensions, l’emploi, le financement, la pénibilité, le code des pensions et la réduction des inégalités. Il faut réaffirmer également le système solidaire par répartition.


Nous refusons de payer leur crise !


Les organisations syndicales de la Sarthe réaffirment que la sortie de crise passe par des mesures en faveur de l’emploi, des salaires et pensions, une fiscalité plus juste, des politiques publiques permettant une relance économique respectueuse des impératifs écologiques :


- Une autre politique pour l’emploi dans un contexte de crise économique : moratoire sur tous les licenciements dans le public comme dans le privé, paiement du chômage partiel à 100 %  et le développement de la formation comme moyen de reconnaissance et de protection du salarié


-     Une véritable politique salariale : augmentation des salaires, pensions, retraites, minimas sociaux.


-     Une politique qui taxe les transactions financières et réduise les inégalités : suppression du bouclier fiscal et de la loi TEPA fiscalité réellement redistributive.


-     Les moyens budgétaires et humains pour développer les services publics et garantir une protection sociale de qualité pour tous.


-     L’amélioration des garanties collectives par le respect des droits syndicaux et de nouveaux droits d’intervention.



Cette journée du 23 mars, c’est une première réponse collective de l’ensemble des salarié-es, du public et du privé, des chômeurs et retraités, confronté-es à l’arrogance du gouvernement et du patronat…



Sortir de la crise, préparer l’avenir, conforter nos services publics, assurer le financement des besoins sociaux, des retraites demande un autre partage des richesses. Il y a urgence !

Gouvernement et patronat doivent prendre la mesure du mécontentement qui gronde parmi les salariés, retraités, de la jeunesse, les demandeurs d’emploi, etc…Ils doivent apporter des réponses concrètes et urgentes à nos revendications.

C’est une mobilisation de forte ampleur et dans la durée qu’il nous faut construire dès à présent.

A très bientôt








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