Pôle emploi : toujours plus de régression

mardi 23 novembre 2010
par  FSU72
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Pour le nouveau ministre X. Bertrand, 1800 suppressions d’emplois, ce n’est pas suffisant...

Communiqué de presse du SNU-Pôle emploi-FSU

 

 

En matière d’emploi, les premières annonces du gouvernement Fillon II et du président de la République augurent d’une orientation politique qui ne peut aboutir qu’à une nouvelle dégradation de la situation économique et sociale de notre pays.

 

Le nouveau ministre en charge de l’emploi, Xavier Bertrand, vient de commettre sa première faute politique : Quelques jours seulement après la plus importante grève du personnel de Pôle emploi, il annonce qu’il y a « des tonnes de doublons », et que la même personne devra désormais s’occuper de l’indemnisation et du placement. Cette déclaration est en contradiction totale avec les promesses du Directeur Général, Christian Charpy, qui annonçait jusqu’alors le maintien de deux filières professionnelles distinctes au sein de l’institution, après le mouvement de grève d’octobre 2009. Qu’il s’agisse d’une maladresse ou d’une volonté délibérée d’affrontement avec le personnel, cette annonce ministérielle vient dégrader encore le climat social qui mine le Pôle emploi.

 

Quant aux propositions de Nicolas Sarkozy lors de sa conférence de presse, elles sont particulièrement indigentes. Dans une vision extrêmement classique, il a exposé que le chômage diminuera mécaniquement par l’effet du retour à la croissance. Il a préconisé l’extension des contrats de transition professionnelle pour les licencié-es pour motif économique, mais nous attirons l’attention sur l’explosion du nombre des ruptures conventionnelles de contrat à durée indéterminée (premier bilan sur un an : 180 000 personnes) qui souvent masquent en réalité des licenciements économiques déguisés.

Par ailleurs, le poids donné aux mesures en alternance pour les jeunes, présenté comme une « solution miracle », ne fait qu’étendre les orientations gouvernementales précédentes, poursuivre l’accroissement de l’assujettissement au patronat et de la précarité financière de cette population. Les effectifs estimés des jeunes de 16 à 25 ans en alternance pour l’année 2009, s’élèvent à 584 000 (dont 400 000 en apprentissage). Le taux de chômage des jeunes restant de 23,9% (la moyenne européenne étant de 19,5%).

Le Président de la République a été totalement silencieux sur l’extension de la précarité, le chômage de longue durée dont l’augmentation est dramatique : + 25% de chômeuses et chômeurs inscrits de 1 à 2 ans ; + 33% pour les personnes inscrites à Pôle emploi de 2 à 3 ans. Les personnes de plus de 50 ans au chômage étant également les oubliées de son long exposé.

 

Nicolas Sarkozy s’est engagé à ce que le chômage recule. Rappelons qu’à l’entrée de son mandat il avait projeté un chômage à 5%. Sa dernière promesse est totalement contradictoire avec l’affaiblissement général des moyens donnés au Service Public de l’Emploi (Pôle emploi, AFPA , services du Ministère du Travail, missions locales pour l’insertion des jeunes). Par exemple, la situation de Pôle emploi est particulièrement préoccupante. Se cumulent le projet de budget incluant les réductions des effectifs (- 1800 personnes), les réductions budgétaires (- 400 millions d’euros), et la diminution des points d’implantation (-38% du réseau).


A court terme, c’est un dysfonctionnement généralisé de ce service public qui est programmé.

 

Loin de fournir une politique ambitieuse, permettant des créations massives d’emploi de qualité, de nouvelles mesures pour l’emploi avec le contrôle des subventions publiques, le discours présidentiel tourne à vide, avec hélas une inefficacité annoncée.

 

Paris, le 22 novembre 2010

 

 

Tract distribué à la population lors de la grève du 9 novembre

GREVE DU PERSONNEL DE POLE EMPLOI
A l’appel de l’intersyndicale nationale

Pourquoi ?

VOUS ETES TOUTES ET TOUS CONCERNES PAR NOS REVENDICATIONS,

SEULES GARANTIES D’AMELIORATION DE VOS CONDITIONS D’ACCUEIL.


NOS REVENDICATIONS PORTENT SUR :

  • L’amélioration de votre accueil et de nos conditions de travail

  • L’arrêt de la précarité pour vous offrir un service de qualité, en titularisant les collègues de Pôle Emploi en CDD et contrats aidés.

  • Un nombre suffisant de personnel pour vous aider et vous accompagner : par un plan de recrutements massifs.

  • Une qualification du personnel qui vous accueille, par des formations de qualité.


Vous êtes en droit de réclamer un service public de qualité, pour que cessent :

  • La politique de radiation et les sanctions financières,

  • Les retards et les erreurs dans le versement de votre indemnisation,

  • Les contrôles et les tentatives de culpabilisation,

  • Le non respect de la confidentialité, dans des conditions d’accueil déplorables et des systèmes informatiques partagés avec des prestataires ou organismes privés de placement !

  • Les pressions exercées sur vous pour vous faire accepter des offres d’emploi précaires, mal rémunérées et à temps partiel imposé,

  • Des entretiens minutés où nous n’avons plus le temps de vous écouter, d’échanger sur vos besoins.

  • Les services à distance déshumanisés, tels que le 3949.

  • Des délais d’attente inacceptables.


Communiqué de presse sur le budget


Les éléments de la loi de finances 2011 concernant le travail et l’emploi sont extrêmement préoccupants. Le budget global est quasiment stable à hauteur de 11.46 milliards alors que la situation de l’emploi se dégrade de jour en jour.

L’illustration la plus claire de ce phénomène socialement très grave est la situation à Pôle Emploi.

La subvention étatique à Pôle Emploi serait reconduite à l’identique par rapport au budget précédent : 1.36 milliards d’euros (budget 2009), le budget global étant pour 2010 de 4.84 milliards d’euros. Pourtant tous les clignotants sont au rouge concernant le nombre de chômeurs inscrits à Pôle Emploi et la dégradation est particulièrement inquiétante pour le chômage de longue durée.

Le gouvernement dans l’exposé des motifs budgétaires annonce tranquillement que « le marché du travail est en train de passer du bon côté de la stabilisation » mais que « naturellement, la prudence reste de mise : des à coups ne sont pas exclus ».

Quelle clairvoyance ! Alors que sur la base des simples demandeurs d’emplois de catégorie A/B/C sur un an, ce sont plus de 240 000 chômeurs supplémentaires qui sont inscrits à Pôle Emploi.

Les prévisions budgétaires de la politique de l’emploi pour 2012 et 2013 sont encore plus catastrophiques puisque respectivement en diminution de 10.03 milliards et de 9.2 milliards d’euros.

 Le nombre officiel de chômeurs inscrits à Pôle Emploi est de plus de 4 880 000 (toutes catégories confondues) au mois de septembre. Les demandeurs d’emploi de longue durée sont plus de 1 400 000 avec une progression de 24.9% sur un an ; les chômeurs entre 2 et 3 ans d’inscription ont augmenté à la même période de 33.7%.

En conséquence les prévisions d’indemnisation des chômeurs en fin de droits (l’allocation spécifique de solidarité) devraient augmenter de 160 millions d’euros.

Dans ce contexte extrêmement dégradé où la plupart des économistes projettent une augmentation pour l’année 2011 du nombre de chômeurs ou dans le meilleur des cas, une stabilisation, Pôle Emploi inscrit une diminution des effectifs. Cela s’effectuerait en licenciant 1500 personnes en contrat à durée déterminée et 300 salarié(e)s en contrat à durée indéterminée. Le gouvernement et la direction de Pôle Emploi entendent pour compenser cette diminution nette « poursuivre toutes les synergies pour dégager des économies » et reconvertir 1000 salarié(e)s jusqu’ici chargés du recouvrement des cotisations chômage patronales et salariales. Laurent Wauquiez, lors des discussions à l’Assemblée nationale, a confirmé par ailleurs le refus de financement du transfert autoritaire du personnel des services d’orientation de l’AFPA. C’est un manque à gagner de 52 millions d’euros. D’après le Secrétaire d’Etat à l’emploi ils devront être compensés par l’amélioration de la productivité des salariés.

L’intensification du travail, la chasse au gain de productivité et le déplacement autoritaire des agents de Pôle Emploi service (chargés du recouvrement) sont à l’ordre du jour.

La crise dure, la récession est une menace directe. Pour la FSU, afin d’améliorer le fonctionnement de Pôle Emploi en tant que service public et afin de garantir aux personnels des conditions de travail humaines et efficaces, Pôle Emploi doit voir ses moyens, notamment en effectifs, maintenus et augmentés.

La réunion du Comité Central d’Etablissement a été suspendue par l’ensemble des élus et représentants syndicaux pour s’élever contre l’annonce de suppression de 1800 postes faite par Christian Charpy, Président du CCE et Directeur Général de Pôle Emploi.

Une première réponse unanime des personnels et de leurs syndicats est déjà prévue dans le cadre d’une grève nationale appelée le 9 novembre (avec une manifestation nationale à Paris).

 La FSU leur apporte son soutien total. 



VOUS ETES EN DROIT DE RECLAMER UN SERVICE PUBLIC DE QUALITE, POUR OBTENIR:

  • L’étude et le versement de vos droits dans les meilleurs délais,

  • Des propositions d’emploi durable respectant vos qualifications, votre expérience, vos exigences de salaire et votre mobilité,

  • Des réponses à vos demandes de formations,

  • Des entretiens de qualité, d’une durée suffisante, centrés sur vos demandes,

  • Un réel bilan de votre parcours professionnel,

  • Des conditions d’accueil humaines.


ENSEMBLE, MOBILISONS NOUS

POUR UN VRAI SERVICE PUBLIC DE L’EMPLOI

RESPECTUEUX DU PUBLIC ET DE SON PERSONNEL.

Paris, le 9 novembre 2010.

retrouvez toutes les informations pôle emploi sur le site: http://www.snutefifsu.org


Contact

FSU de la Sarthe

29 Place d’Alger
72000 LE MANS


Tél : 02 43 43 86 21
Fax : 02 43 23 33 73
Mél : fsu72@fsu.fr

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