Réforme du lycée : la mobilisation comme réponse au passage en force

vendredi 11 décembre 2009
par  Bernard Lebrun
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500 lycéens dans les rues du Mans, 1500 à Bayonne, la déclaration de la FSU lors du Conseil Supérieur de l’Education du jeudi 10 décembre

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Intervention de Gérard aschiéri, secrétaire général de la FSU lors du CSE

Monsieur le Ministre,

Votre propos liminaire manifeste que vous avez fait le choix de maintenir un projet de réforme des lycées qui suscite des critiques de plus en plus vives en ignorant ces critiques ; je tiens au nom de la FSU à renouveler fermement notre exigence que, pour permettre une réforme aboutissant à un lycée plus juste et plus efficace, vous renonciez à tout passage en force.

Nous avons besoin d’une réforme qui assure plus d’efficacité et de justice et qui permette une relance de la démocratisation  aboutissant à une poursuite d’études positive et une réussite de tous les jeunes, qu’ils soient dans les lycées généraux, technologiques ou professionnels. Nous avons besoin non pas d’égalité des chances mais d’une véritable égalité  d’accès à un droit à éducation de qualité et à la réussite. Le projet que vous nous présentez aujourd’hui en est bien loin. Au contraire ces dispositions sont à notre avis dangereuses pour l’avenir des jeunes et du système éducatif. Laissez moi vous exposez brièvement les raison de cette appréciation.

Les dispositions que vous proposez accentuent l'autonomie des établissements (collèges et lycées) et risquent  ainsi de creuser encore  les inégalités entre établissements et leur mise en concurrence, déjà à l'oeuvre avec la libéralisation de la carte scolaire. Elles  renvoient à l’établissement la répartition suivant les disciplines des heures dévolues aux TP, TD et travaux en groupes avec un volume horaire ainsi géré localement  qui représenterait près du tiers de l’horaire d’un élève de seconde.

Elles renforcent les prérogatives du chef d'établissement et son autorité sur les personnels, notamment au niveau pédagogique, et installent une hiérarchie intermédiaire désignée par le chef d'établissement : de la sorte vous remettez en cause de fait les conditions d’exercice et les garanties de ces personnels. Et cela  non seulement dans les lycées généraux et technologiques mais dans tous les EPLE.

Elles diminuent  une partie des horaires disciplinaires et dénaturent des disciplines, ignorant ainsi les besoins d’une véritable culture commune à la hauteur des enjeux de la formation des jeunes aujourd’hui.

Elles entretiennent l’illusion de lutter contre la difficulté en instaurant des stages de remise à niveau pendant les vacances et en oubliant de répondre à la demande prioritaire des personnels de l’amélioration de leurs conditions de travail dans la classe.

Elles organisent des glissements de missions des personnels, avec en premier lieu  ce qui concerne l’orientation

Alors que la formation et l'accompagnement des lycéens, essentiels entre autre pour l’accès et la réussite dans l’enseignement supérieur, nécessitent des équipes pluridisciplinaires complètes au sein des établissements et des effectifs par classe réduits, c'est le contraire qui se prépare.

Cette réforme s'inscrit dans la logique des choix qui ont présidé à la loi LRU dans l’enseignement supérieur et la réforme de la voie professionnelle du lycée que vous semblez considérer comme acquise et sans problème; elle  prépare aussi de nombreuses suppressions de postes dans les lycées à la rentrée 2011.

Et l’on ne peut oublier qu’elle s’inscrit dans un contexte de coupes claires dans les moyens consacrés à la formation de jeunes et notamment de suppressions massives d’emploi qui mettent en péril l’avenir du système éducatif et l’empêchent à tous les niveaux, premier, seconde degré, supérieur, de faire face à ses missions et d’assurer la réussite de tous.

Elle s’inscrit également dans un contexte marqué par une réforme de la formation et du recrutement des enseignants qui sacrifie délibérément leur formation professionnelle en oubliant qu’enseigner est un métier qui s’apprend.

Elle s’inscrit enfin dans un contexte de dévalorisation des métiers de l’éducation et de dégradation des conditions de travail sur lesquelles je tiens à vous alerter fortement et qui nécessitent d’urgence des mesures et un plan d’une tout autre ambition que ce que vous avez jusqu’à présent  proposé.

 Pour ne pas rater l’occasion d’un vraie réforme dans l’intérêt t des jeunes, je vous demande donc de renoncer à présenter cet ensemble de textes au CSE du 10 décembre et  je vous appelle  à reprendre les discussions sur d’autres bases, à la fois sur le lycée mais également sur la formation des enseignants et la revalorisation (salaires et conditions de travail) des métiers de l’éducation.

Communiqué du SNES

Le ministre présente jeudi 10 décembre au CSE son texte de réforme du lycée.

Ce projet est inacceptable : autonomie accrue des établissements qui est de fait un renforcement considérable des pouvoirs du chef d’établissement en matière d’évaluation et de pédagogie, transformation des missions des enseignants, réduction des horaires des élèves, orientation scolaire centrée sur la découverte des métiers et l’information au service de la « gestion des flux »…

Cette réforme va bien au delà d’un aménagement du lycée.

Elle porte un projet global de transformation de tout le second degré construit sur le renforcement des pouvoirs locaux et la réduction des moyens et des ambitions.

Dans le même temps, le ministre tente d ‘imposer à marche forcée une réforme de la formation des maîtres unanimement rejetée.

Pour poursuivre avec la profession la mobilisation contre la politique éducative du gouvernement et convaincre plus largement l’opinion, le SNES appelle
à faire du 10 décembre une journée d’action majeure pour obtenir le recul du ministre sur sa réforme du lycée.

Pour les académies de Paris, de Créteil et de Versailles, rassemblement près du ministère à 14h30, au métro Sèvres-Babylone. La manifestation se rendra à l’angle de la Rue de Grenelle, près du ministère où se tiendra le CSE

à poursuivre l’action le 15 décembre pour une autre réforme de la formation des maîtres

Tous ensemble, dans les collèges et les lycées, pour nos métiers, pour d’autres réformes et de l’ambition pour l’école, mobilisons nous !

Communiqué du SNUEP FSU (lycée Professionnel)

LE GOUVERNEMENT POURSUIT SA CASSE 

DU SERVICE PUBLIC D’EDUCATION. 
 

Après la mise en place précipitée de la réforme de la voie professionnelle - réforme qui montre aujourd’hui de façon manifeste ses limites, ses erreurs et ses approximations-, cautionnée par la complaisance de deux syndicats, le ministère de l’Education nationale veut aussi passer en force pour réformer les deux autres voies (générale et technologique). Nous assistons une fois encore aux manipulations médiatiques de ce gouvernement qui se targue d’une supposée consultation nationale et d’un prétendu dialogue avec les organisations représentatives de l’EN. La réalité est autre. A l’instar de Darcos le nouveau ministre L. Chatel est resté sourd aux revendications des personnels. Il n’a pris en compte aucune des remarques formulées par les organisations syndicales.

 
Pour ces réformes, les mêmes concepts dogmatiques sont mis en avant :

-       Accroissement de l’autonomie des établissements, comme si gérer la pénurie était un indicateur de réussite et d’équité

-       Accompagnement personnalisé de quelques élèves au détriment d’une amélioration des conditions d’apprentissage pour tous les lycéens. Cet accompagnement tend à dénaturer les missions des enseignants et à faire disparaître les équipes pluri-professionnelles indispensables à l’accompagnement  globale des lycéens. De surcroit, comme en lycée professionnel, cette mesure est des plus vagues quant à son organisation, aux moyens alloués, aux publics visés, ….

Les conséquences sont inacceptables :

  • des disciplines sont amenées à disparaître, ou a être réduites à des choix optionnels : rappelons que ce sont les luttes des personnels qui ont permis d’intégrer l’enseignement de l’histoire, des arts, de l’économie… dans le parcours scolaire de tous les élèves et que vouloir réduire un cursus aux seules disciplines pensées comme fondamentales par le gouvernement, relève d’une position réactionnaire de l’Education nationale.
  • La volonté de ce gouvernement de donner encore plus de pouvoir au conseil pédagogique, instance où les membres devraient être désignés par les directions d’établissements, n’a d’autres fins que de mettre en concurrence ce dernier avec le conseil d’administration qui est, lui, composé de membres élus par tous les personnels, élèves et parents d’élèves.

Ces réformes se font dans un contexte de suppressions de milliers de postes et d’une précarisation de plus en plus importante chez les personnels de l’E.N.

Ce sont des reformes néfastes pour le service publique de l’éducation :

-       Elles hiérarchisent  davantage les séries entre elles et réduisent les possibilités de passerelles entre les trois voies de formation.

-       Elles tendent à modifier l’organisation du lycée en introduisant des outils de type managérial qui transforme progressivement le sens même d’enseigner. L’école ne peut être confondue avec l’entreprise. Les finalités de chacune de ces institutions étant opposées : à l’école il est nécessaire d’investir pour l’avenir (le retour sur investissement ne peut se mesurer en son sein), une entreprise n’a d’autre vocation que la rentabilité ! C’est vraiment ne rien connaître du système éducatif que de vouloir rendre l’école rentable !

-       Elles vont détériorer de façon importante et durable les conditions de travail des enseignants et donc la qualité du service dispensé pour tous les élèves.

 
Cette école, a minima, les personnels n’en veulent pas ! D’ailleurs, face au déni du gouvernement, l
es mobilisations de lycéens (Nantes, Rennes, Paris) et de personnels qui ont eu lieu en novembre, se poursuivront jeudi 10 décembre jour où le Conseil Supérieur de l’Education (CSE) est supposé entériner cette réforme. Et démolir encore plus la voie professionnelle !

 

Le SNUEP-FSU dénonce des projets dangereux pour l'avenir des jeunes et du système éducatif.

 

Le SNUEP-FSU appelle tous les collègues à se mobiliser et à se réunir en AG pour débattre des formes d’actions à mettre en place pour contrer la casse du service publique d’éducation.

 

Le SNUEP-FSU appelle aussi tous les collègues à rejoindre les mobilisations régionales du jeudi 10 décembre pour dénoncer l’autonomie des lycées et les conditions désastreuses de cette rentrée en LP

 

Le SNUEP- FSU soutient tous les personnels et les lycéens qui seront dans l’action ce jeudi 10 décembre.

 


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FSU de la Sarthe

29 Place d’Alger
72000 LE MANS


Tél : 02 43 43 86 21
Fax : 02 43 23 33 73
Mél : fsu72@fsu.fr

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