Retraites : Intervention manifestation du 22 mai

vendredi 23 mai 2008
par  Bernard Lebrun
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15 000 manifestants dans les rues du Mans pour dire Non au projet gouvernemental.

Alban, lycéen a lu au nom de toutes les organisations syndicales, la déclaration suivante.

Intervention commune

Manifestation sur les retraites 22 mai 2008


2008, encore une fois le dossier des retraites revient comme prévu sur le tapis de la négociation mais peut-on parler de négociations quand le gouvernement se limite à recevoir les organisations syndicales sans jamais répondre aux questions soulevées et analyser ou prendre en compte une seule de leurs propositions.

Tout se passe comme si le dialogue social se résumait aux photos pour le journal télévisé, On est dans le règne du faire semblant, le gouvernement reçoit mais il a déjà tout décidé.

Et en permanence, pour présenter comme inéluctables ses décisions une campagne de propagande médiatique annonçant une catastrophe pour l’avenir des retraites. Les vieux d’aujourd’hui et plus encore ceux de demain sont présentés en permanence aux jeunes comme étant une charge insupportable qu’ils auraient à financer toute leur vie professionnelle alors que pour eux et surtout elles, les caisses seront vides.

En cherchant à opposer les générations entre elles, en semant le doute sur la pérennité du système de retraite par répartition, le gouvernement, tout en prétendant le contraire, veut préparer les consciences à l’arrivée des fonds de pensions, c’est à dire tout simplement à la privatisation au moins partielle de notre système de retraite.

Pour assurer ses vieux jours, il n’y aurait d’autres solutions que d’aller ouvrir un compte épargne chez son banquier. Voilà la mystification que le patronat, le gouvernement et les grands médias distillent en permanence telle une campagne de pub en direction de la jeunesse.

Ainsi, ce que nous ne pourrions pas cotiser dans la solidarité et les caisses de retraite, nous serions capables de l’épargner chez notre banquier ou notre assureur.

C’est une grossière tromperie.

La crise financière internationale actuelle vient cruellement de rappeler les spéculateurs de tous ordres à la réalité. Pour assurer une retraite décente à tous, pas d’espoir avec la bourse, c’est dans la solidarité et le système par répartition que l’avenir est assuré. Et pour toutes les organisations syndicales qui ont appelé à cette journée de mobilisation et de manifestation , au-delà de nos différences d’approches, il n’y a pas d’autres solutions que cette approche solidaire.

Nous sommes devant un choix de société : veut-on une société solidaire ou la société du chacun pour soi ?

Il est possible aujourd’hui de tirer le bilan des réformes depuis 1993. L’objectif affiché était de permettre le financement en jouant sur l’âge des départs en retraite tout en maintenant un niveau de pension satisfaisant.

Le bilan tiré par le COR est explicite.

  • Le financement n’est pas assuré. Le maintien d’un niveau de chômage important, le développement de la précarité, la multiplication des exonérations de cotisations fragilisent le financement durable des retraites,

  • Le niveau des pensions a été considérablement réduit avec la désindexation des retraites sur les salaires, formidable machine à fabriquer sur le long terme des petites retraites.

Sur l’allongement de durée de cotisation, le bilan est aussi révélateur : plus de 2 salariés sur 3 ne sont plus en activité à 60 ans. Et ceux qui y sont encore, ne retardent pas leur départ. Les conditions de travail, la pénibilité, le stress conduisent un grand nombre de salariés à partir en retraite aussitôt qu’ils le peuvent.


Ce bilan donne raison a posteriori aux critiques que nous avons toujours formulées. Au final, ce sont uniquement les salariés qui sont soumis à contribution et qui subissent les conséquences.

Travailler plus longtemps pour gagner moins, c’est cette politique que le gouvernement propose de renforcer en proposant d’allonger la durée de cotisation à 41 annuités.

Comment avec 41 annuités de cotisation serait-il possible de cotiser le temps nécessaires pour avoir une retraite à taux plein alors que cela n’est déjà pas possible, pour la grande majorité des salariés avec 40 annuités.

Comment demander de cotiser plus longtemps alors que les entreprises se débarrassent de leurs salariés bien avant 60 ans et qu’une grande partie de la jeunesse subit toujours le chômage de masse et les petits boulots ?

En voulant imposer les 41 annuités de cotisation, le gouvernement nous montre que la baisse des pensions est la seule et véritable variable d’ajustement. Et derrière cette baisse des pensions, c’est tout le système de la répartition qui est menacée.

Nous voulons rompre avec ce catastrophisme de la communication gouvernementale ou patronale et rétablir quelques vérités.

Les perspectives démographiques se sont notablement améliorées, les besoins de financement en seront diminués d’autant. Il est possible et à la portée d’un pays comme la France, 5ème puissance économique mondiale de financer durablement et solidairement notre système de retraite, c’est une question de répartition et de choix économiques.

On de dira jamais assez que financer durablement les retraites cela passe d’abord par une véritable politique de l’emploi et des salaires.

Augmenter les salaires, assurer un véritable emploi reconnu à tous, mettre fin à la précarité et aux petits boulots, c’est assurer les retraites de demain tout en améliorant la qualité de vie de tous aujourd’hui.

Financer durablement durablement les retraites, c’est aussi trouver d’autres sources de financement, par l’augmentation de la cotisation ou par une modification des assiettes de référence, le débat est ouvert entre nous mais nous refusons qu’il soit fermé avant d’être posé.

C’est donc d’une véritable négociation dont nous avons besoin. Une négociation qui place la solidarité au cœur des choix économiques et sociaux. Les fruits du travail doivent être redistribués au plus grand nombre. Le gouvernement se devrait d’entendre ce cri porté par la force des manifestations ici au Mans et dans toute la France.

  • Pour une véritable retraite à 60 ans
  • Non aux 41 annuités

Jeunes, actifs, chômeurs ou retraités c’est ensemble que nous défendrons l’égalité et la solidarité !!






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