Roms, sans papiers... les expulsions continuent

mercredi 29 août 2012
par  Catherine Le Gall
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Roms : apporter des réponses !

Communiqué de presse FSU
Les Lilas, le 28 août 2012

La FSU exprime son indignation et son inquiétude face au traitement réservé aux familles ROMS durant l’été.

Contrairement aux annonces de campagne de François Hollande, « Je souhaite que, lorsqu’un campement insalubre est démantelé, des solutions alternatives soient proposées… », et après que l’émotion, suite aux décisions de l’été, ait amené le gouvernement à lancer une réflexion, un camp a été évacué hier et un 7ème aujourd’hui mardi 28 août est en cours d’évacuation à Lyon.

La FSU s’oppose aux expulsions des camps de Roms sans mise en place de solutions adéquates et durables pour les familles. Elle demande que, dans le respect des conventions internationales des droits humains, le droit à l’Éducation des enfants Roms soit assuré afin qu’ils puissent suivre un parcours scolaire de la maternelle au lycée et que les familles disposent de conditions de vie décentes : droit à la protection sociale, droit à l’éducation, accès aux soins… Pour sortir ces populations de la grande précarité due notamment à leur maintien à l’extérieur du marché du travail, la FSU demande que la levée des mesures transitoires soit effective.

La FSU demande au gouvernement l’arrêt des expulsions sans solutions alternatives et la poursuite du dialogue engagé avec les associations et les organisations dans un cadre interministériel afin d’apporter une réponse globale aux situations de ces populations.

Sur le sujet un article de Carine Fouteau du 29 août, sur le site de Médiapart

Environ 2000 Roms ont été délogés cet été

Près de 200 personnes expulsées d’un terrain à Saint-Priest, dans le Rhône, mardi 28 août ; environ 80 la veille à Évry en région parisienne ; neuf familles l’avant-veille dans le centre de Lyon : malgré la réunion interministérielle consacrée le 22 août à la gestion des campements illicites, les évacuations forcées de Roms se poursuivent sans, pour l’instant, être compensées par des solutions effectives de relogement. De tout l’été, elles n’ont pas cessé, avec une accélération entre fin juillet et début août.

Saint-Étienne, Lyon, Aix-en-Provence, La Courneuve, Vaulx-en-Velin, et dernièrement Évry et Saint-Priest : les démantèlements se succèdent en effet à un niveau élevé à la suite de décisions de justice mais aussi d’arrêtés municipaux issus d’élus de droite comme de gauche. À chaque fois, ou presque, le même scénario se reproduit : les cabanes sont encerclées à l’aube par la police, les affaires sont détruites et les habitants, sommés de quitter les lieux, trouvent dans une ville avoisinante un nouvel emplacement pour poser leurs bagages.

Arguant que les interventions sont décidées localement, le ministère de l’intérieur déclare ne pas disposer d’état des lieux centralisé. Pour tenter d’établir un premier bilan, Mediapart a collecté diverses notes de veille réalisées par des acteurs associatifs ou des militants sur le terrain.

Selon le décompte de Philippe Goossens, membre du bureau de l’Association européenne pour la défense des droits de l’homme, chargé de la question des Roms en Europe, 2 362 personnes ont été délogées au cours des deux derniers mois, parmi lesquelles 954 en juillet et 1 408 en août. Ce nombre « très élevé » n’intègre pas les 500 Roms évacués de Stains mercredi 29 août. Il se compare, indique-t-il dans un rapport qu’il vient de finaliser (le lire dans son intégralité), « aux pires moments vécus lors de l’été 2011, période pendant laquelle la campagne du pouvoir (précédent) était particulièrement virulente ». Il est nettement supérieur à celui de l’été 2010, quand cette population avait été stigmatisée au plus haut niveau par les représentants de l’État. « Les évacuations forcées n’ont pas débuté soudainement avec le discours de Grenoble, elles se produisaient depuis longtemps, rappelle-t-il, mais leur nombre a marqué une nette augmentation ensuite. »

Deux ans plus tard, en juillet et en août 2012, le responsable associatif répertorie la présence de 185 enfants parmi les “évacués” et recense 389 obligations de quitter le territoire français (OQTF), chiffre qu’il estime en deçà de la réalité, la délivrance de ce type de document « n’étant que sporadiquement rapportée ». Les expulsions du territoire n’ont pas cessé non plus : deux charters sont partis de Lyon, l’un le 5 juillet et l’autre le 9 août, à destination de Bucarest avec 343 personnes à bord.

Ces données, Philippe Goossens, auteur du livre Les Roms, dignité et accueil (L’Harmattan, 2011), les compulse depuis début 2010 à partir de témoignages directs ou rapportés par des soutiens, d’articles de presse et de communiqués et les publie tous les trois mois. Elles ont été recoupées et seules les plus fiables ont été retenues, insiste-t-il, tout en reconnaissant qu’elles ne constituent qu’une estimation. Des évacuations, effectuées en toute discrétion, ont pu échapper à l’attention des médias, tandis que des personnes sont susceptibles d’être comptabilisées plusieurs fois lorsqu’elles font l’objet de plus d’une expulsion. Dans un tableau récapitulatif, chaque source est recensée, accompagnée entre autres du lieu, de la date et du nombre de personnes concernées.

Blogueur à Mediapart, Philippe Alain, basé à Lyon et investi auprès des Roms de sa ville, aboutit à un décompte analogue. Selon lui, pour le seul mois d’août, environ 1 300 personnes ont été contraintes de quitter leur lieu de vie, sans compter celles qui ont été expulsées par charter. « Avec la fin du mois de juin et du mois de juillet, on atteint nécessairement les 2 000 », indique-t-il. Au sein de l’équipe du collectif Romeurope, une chronologie a été élaborée. Elle est tout aussi éloquente, regroupant les évacuations par région. Elle liste aussi les multiples menaces pesant sur des terrains en Seine-Saint-Denis, dans le Val-de-Marne, à Paris, dans le Languedoc, dans le Nord, en Lorraine et en Loire-Atlantique.

« Je suis surpris et choqué par ces pratiques de la part d’un gouvernement socialiste », affirme Philippe Goossens. « Sur le terrain, poursuit-il, rien n’a changé par rapport aux années précédentes. Les méthodes policières sont identiques, les CRS viennent en masse pour les expulser. Même quand il y a des femmes et des enfants, ils arrivent harnachés avec leur équipement et font peur à tout le monde. Parfois, ils font des tours plusieurs jours avant pour les inciter à partir d’eux-mêmes, ça peut prendre la forme de harcèlement. Après leur passage, vers 10 heures, les bulldozers débarquent et rasent tout, c’est pour cela que certains occupants préfèrent partir avant. Les associations ont beau crier, elles sont impuissantes. »

À propos des propositions de relogement, il est particulièrement critique : « Il n’y en a pas plus qu’avant et quand il y en a, elles séparent en général les familles en étant destinées uniquement aux femmes accompagnées d’enfants en bas âge dans un hébergement d’urgence pour quelques jours. Pour cette raison, elles sont très souvent refusées par les personnes concernées. »

Sur cet aspect, la circulaire évoquée en début de semaine par la ministre de l’égalité des territoires et du logement, Cécile Duflot, est attendue avec impatience par les défenseurs des droits des Roms. Selon son cabinet, ce texte en cours de signature auprès des ministres concernés devrait permettre de coordonner « très en amont » les actions des préfets, des collectivités locales, avec celles des familles et des associations. Un diagnostic individualisé devrait être établi dès l’installation d’un campement avec pour mission de dénombrer les personnes présentes, leur situation et leurs besoins. Les services de l’État seraient mobilisés afin de proposer des solutions en matière éducative, sanitaire et de logement.

« Pour l’instant, ce que l’on constate, c’est que les expulsions se poursuivent au quotidien », regrette Patrick Delouvin, responsable du pôle France à Amnesty international, qui refuse néanmoins toute comparaison avec le quinquennat précédent. « On en est quand même très loin dans le discours, ainsi que dans les engagements », ajoute-t-il.

Il fait référence à la principale annonce du gouvernement à l’issue de la réunion interministérielle convoquée à la demande des associations qui souhaitaient que le ministère de l’intérieur ne gère pas seul le dossier : l’« assouplissement » des conditions d’embauche des Roumains et Bulgares, qu’il considère comme un « premier pas dans la bonne direction ».

Coordinateur du collectif d’associations Romeurope, Malik Salemkour, également vice-président de la Ligue des droits de l’homme, déplore la « flambée » des expulsions « fin juillet et début août » liée, selon lui, au fait que les préfets, en l’absence de consignes claires et « confortés par les déclarations de fermeté de Manuel Valls », ont continué à agir comme si de rien n’était. Mais lui aussi juge la situation actuelle incomparable à celle observée en 2010 et 2011 :

« On a tout d’abord obtenu du premier ministre que le sujet ne soit pas accaparé par le ministère de l’intérieur et qu’il soit resitué à l’échelon européen. Certes, la levée partielle des mesures transitoires sur le travail est insuffisante dans la mesure où ont été maintenues les tracasseries administratives liées à l’obligation pour les Roumains et les Bulgares d’obtenir une autorisation de travail et un titre de séjour. Mais il faut se souvenir de la politique du chiffre et des propos stigmatisants et parfois racistes tenus lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy par le président lui-même, des membres du gouvernement et des élus de la majorité. »

Il veut croire que les préfectures sont prêtes à modifier leurs pratiques. Des réunions ont eu lieu en amont des démantèlements à Lille, Nantes, Lyon et Marseille. Jusqu’à présent pour aboutir au même résultat : l’expulsion avec des propositions de relogement a minima.

Et aussi, sur le site national de RESF...

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